A. Structure générale du modèle
La structure du modèle a tenu compte de la nouvelle structure organisationnelle du système éducatif formel, qui a été décrite dans le Chapitre I, Partie A. Le modèle couvre l’ensemble du système éducatif formel : l’enseignement primaire, l’enseignement moyen, l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. À la fin de chaque cycle, les critères d’accès au niveau immédiatement supérieur ont été déterminés, de même que les flux scolaires (constatés ou à réguler) ont été pris en compte.
Chaque niveau est structuré en trois composantes principales, qui sont liées entre elles : les flux d’élèves et d’étudiants ; les enseignants ; et pour l’enseignement primaire et moyen, les salles de classes et les matériels didactiques.
Le modèle, développé sur le logiciel MS Excel, est composé de onze feuilles de calcul.
La feuille " Menu "
La feuille " Menu " présente les
principales catégories de données projetées que l'on peut retrouver dans
d'autres feuilles du classeur. En pointant sur ces catégories, on accède aux
résultats des projections pour l'ensemble du pays (feuille Pays), et viceversa,
en pointant sur la catégorie sélectionnée dans la feuille des résultats, on
retourne au Menu pour effectuer une nouvelle sélection. Le Menu des aspects
financiers se trouve dans la feuille " Finance ".
La feuille " Tab_bord "
Ce tableau de bord permet de récapituler les aspects quantitatifs essentiels (à savoir les taux bruts d’admission, les taux bruts de scolarisation, le nombre d’enseignants, le nombre de salles de classes, le nombre de livres et de guides du maître, etc.). Tous ces aspects sont présentés par ordre d’enseignement : primaire, moyen, secondaire et supérieur.
Au niveau de chaque ordre d’enseignement, on retrouve les flux d’élèves, les indicateurs de taux d’admission ou de passage, de taux bruts de scolarisation (TBS), tous âges confondus. Ces indicateurs sont désagrégés par genre. Les effectifs scolarisés sont également désagrégés par genre, selon le statut des écoles fréquentées (public ou privé). La feuille présente le nombre de salles de classe nécessaires, ainsi que les besoins en salles de classe à construire au niveau du primaire et du moyen.
Les effectifs nécessaires et les besoins en enseignants à former y sont dégagés, compte tenu de l’évolution des effectifs d’élèves et d’étudiants. Un traitement particulier du CFPEN a permis d’évaluer les besoins annuels de recrutement des élèves-maîtres, et des diplômés à recruter dans le corps enseignant. Les besoins en formateurs du CFPEN s’y retrouvent également.
En ce qui concerne le matériel didactique, le nombre de livres à acheter pour le primaire et le moyen et celui de guides pour enseignant sont dégagés, compte tenu de l’évolution des effectifs d’élèves et d’enseignants nécessaires, ainsi que de la nouvelle politique en matière de livre.
Au niveau de l’enseignement supérieur, les effectifs attendus d’étudiants, ainsi que les besoins en enseignants sont présentés.
S’agissant des aspects financiers, une liaison interne
renvoie à une autre feuille, qui présente les dépenses récurrentes requises,
les hypothèses des dépenses de fonctionnement en éducation, ainsi que le gap
financier qui en découle.
La feuille " Hypothèses "
Structurée par niveau d’enseignement, cette feuille
présente l’ensemble des objectifs visés, pour la période 2000 à 2010. Les
principaux paramètres sont détaillés dans la partie décrivant le scénario
de référence.
La feuille " Graphique "
On retrouve ici les graphiques sur les évolutions par année
du taux brut d’admission, du taux brut de scolarisation, des effectifs d’élèves
et d’enseignants.
Les feuilles " Pays ", " Dist_Djibouti ",
" Ali_Sabieh ", " Dikhil ", " Tadjourah "
et " Obock "
Toutes ces feuilles, structurées de la même manière,
contiennent tous les niveaux d’enseignement existants ou à créer au sein de
chaque district ou dans le pays. La feuille " Pays "
modélise l’ensemble du pays, alors que les autres feuilles modélisent
chacune un district. C’est dans la feuille " Pays " que l’on
trouve les simulations financières.
La feuille " Finance "
Cette feuille contient le Sommaire des rubriques de calcul des coûts et des dépenses budgétaires du modèle financier par niveau d’enseignement, avec des liens d’accès à la feuille <<Pays>>, et au modèle quantitatif à partir de la feuille <<Tab_bord>>. Elle comporte également une grille de simulation des projections financières, et un cadrage budgétaire en fonction de la volonté politique, du PIB, et de la combinaison des deux dans des ratios de projection du budget du MEN à prévoir chaque année. Les explications détaillées sur les calculs de cette feuille sont présentées plus loin dans ce document.
Cependant, il importe de préciser ici l’utilisation (ou la lecture qui peut en être faite) de la grille de simulation. Cette grille fournit des scénarios alternatifs dans la sphère financière. Il s’agit d’une aide à la décision, dont les résultats sont obtenus plus rapidement, et sont concentrés sur un espace plus réduit qu'avec les tableaux du cadrage macroéconomique. Les calculs fournissent les résultats concernant trois données : (1) le PIB ; (2) les dépenses totales de l’Etat ; (3) les dépenses d’éducation correspondantes de l’Etat. Pour cela quatre paramètres sont utilisés et combinés selon une hiérarchie des influences : (i) le taux de croissance du PIB (dont on peut faire dépendre les dépenses totales de l’Etat) ; (ii) la part des dépenses totales de l’Etat dans le PIB ; (iii) le taux de croissance annuelle des dépenses totales de l’Etat ; (iv) le ratio des dépenses d’éducation sur les dépenses totales de l’Etat (mesure de la volonté politique).
Il faut comprendre la hiérarchie des influences de cette grille ainsi :
Il en résulte qu’une variation du taux de croissance du PIB (niveau 1) influence à la fois les dépenses totales de l’Etat (niveaux 2 & 3) et les dépenses d’éducation (niveau 4). En revanche, le niveau 3 n’a d’influence que sur les dépenses totales de l’Etat et sur les dépenses d’éducation. Enfin, lorsque l’on fait varier le ratio des dépenses d’éducation sur les dépenses totales de l’Etat, seules les dépenses d’éducation sont déterminées.
En d’autres termes, par rapport aux tableaux du cadrage macroéconomique qui déterminent les ratios à appliquer pour différentes années et le budget de l’éducation correspondant, cette grille de simulation montre plutôt les montants correspondants à chacune des années, pour un seul ratio des dépenses d’éducation sur les dépenses totales de l’Etat, un taux de croissance du PIB, un taux de croissance des dépenses totales de l’Etat, et un ratio de ces dernières sur le PIB.
En somme, l’utilité de cette grille de simulation réside dans son aptitude à fournir une réponse instantanée à la question suivante : quel est le montant des dépenses d’éducation lorsque l’on fait varier un paramètre, les trois autres restant constants ? Des exemples précis de l'utilisation de cette grille sont fournis en Annexe B.
Les modèles de simulations du système éducatif visent à prévoir le comportement de ce système dans le temps en fonction des politiques prédéfinies. Les méthodologies utilisées dépendent des objectifs visés dans un temps donné : Atteindre une scolarisation universelle, améliorer prioritairement la qualité de l’enseignement, réduire les disparités (régionales et ou en genre) etc.
Ici le souci majeur reste la scolarisation universelle à atteindre dans cette décennie. Il s’agit de créer les conditions pour accueillir le maximum d’enfants à l’école. On a donc choisi de partir du nombre d’enfants admis en première année à travers le TBA. La première version du modèle de simulation a utilisé le TBS de 95% qui était l’objectif. Mais l’expérience a montré que l’entrée par le TBA satisfaisait à la fois l’objectif de scolarisation universelle et la progression contrôlée des flux admis à l’entrée en première année. C’est cette logique qui est exposée ici.
Conformément à la Loi d’orientation, le Gouvernement a dégagé un certain nombre d’objectifs quantifiés. Ces objectifs, pris tels qu’ils ont été formulés, sont regroupés dans la feuille de calcul, nommée " Hypothèses ", pour constituer ce que nous appelons ici un scénario de référence. Ces objectifs sont analysés ci-dessous par ordre d’enseignement.
1. Hypothèses relatives à l’enseignement primaire
Le Gouvernement a fixé comme objectif pour cet ordre d’enseignement d’arriver à une scolarisation universelle en l’an 2009/10. Cette année est l’année cible (année horizon), à la fin de laquelle il faudrait atteindre un taux brut de scolarisation (TBS) d’au moins 95%. Une autre année cible intermédiaire (qui pourrait d’ailleurs constituer une contrainte pour le modèle) est l’année 2005/06, date à laquelle le taux brut de scolarisation doit être au moins 70%.
Des taux d'admission (TBA) en 1ère année du primaire, requis pour atteindre ces TBS, ont été choisis au niveau de chaque district en tenant compte des objectifs de scolarisation des filles. Il existe en effet une corrélation directe entre le TBS et le TBA, en ce sens que l’ensemble des mesures pour accroître les effectifs visent notamment à recruter davantage d'élèves en 1ère année, notamment dans les pays à faible taux de scolarisation. Il faudrait aussi assurer une bonne fluidité du système éducatif (c’est-à-dire, moins de redoublements pour laisser la place aux nouveaux).
Comme on peut le voir dans le tableau 15, le TBA en 1ère année du primaire passera de 32% en 1999/00 à 88% en 2009/10 en passant par 60% en fin de plan quinquennal en 2005/06, soit une augmentation de plus de 86% en 5 ans. L'écart entre filles et garçons en matière d’admission diminuera progressivement pour devenir nul à l’année horizon. En ce qui concerne l’année 2000/01, il ne s’agit pas d’une projection, mais des données réelles fournies par le Service de la planification. On constate que l’écart entre filles et garçons s’est creusé par rapport à l’année précédente.
|
Tableau 15 : Hypothèse d’évolution des taux bruts d’admission en 1ère année de l’enseignement primaire public : Projections à l’an 2009/10, en pourcentage |
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|
1999/00 |
2000/01 88 88 88 90 90 90 85 85 85 |
2009/10 |
|
|
National |
32 |
38 4 |
88 |
|
Garçons |
37 |
44 |
88 |
|
Filles |
28 |
32 |
88 |
|
District de Djibouti |
38 |
43 |
90 |
|
Garçons |
43 |
48 |
90 |
|
Filles |
34 |
38 |
90 |
|
District d'Ali Sabieh |
27 |
30 |
85 |
|
Garçons |
34 |
37 |
85 |
|
Filles |
20 |
23 |
85 |
|
District Dikhil |
18 |
23 |
85 |
|
Garçons |
23 |
31 |
85 |
|
Filles |
14 |
15 |
85 |
|
District de Tadjourah |
23 |
33 |
85 |
|
Garçons |
29 |
41 |
85 |
|
Filles |
18 |
25 |
85 |
|
District d'Obock |
11 |
27 |
85 |
|
Garçons |
14 |
33 |
85 |
|
Filles |
9 |
21 |
85 |
Comme on peut le voir dans ce tableau, les disparités régionales sont marquées à l’année de base 1999/00 : alors que Djibouti affiche un TBA de 38%, Obock n’atteint que 11%. Ces disparités vont rapidement diminuer : en cinq ans, Obock doit atteindre plus de 50% contre 61% à Djibouti. Au rythme de l’évolution des TBA de ce tableau, les taux bruts de scolarisation passeront de 38% en 1999/00 à 96% à l’année horizon. Même si la disparité entre les filles et les garçons diminue progressivement, l’équilibre complet ne pourra être réalisé pendant cette décennie.
En ce qui concerne l’enseignement primaire privé, la proportion des effectifs cibles du privé par rapport à ceux du public a été projetée par district, en tenant compte des possibilités de développement régional. Le tableau 16 illustre l’hypothèse de cette répartition.
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Tableau 16 : Hypothèses des effectifs élèves du privé : Pourcentage des effectifs-cibles du privé sur les effectifs de l’enseignement primaire public |
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|
District |
Pourcentage des effectifs du privé sur l’effectif du primaire public en 2000/01 |
Pourcentage cible des effectifs du privé sur l’effectif du primaire public |
|
Djibouti |
9 |
20 |
|
Ali-Sabieh |
9 |
10 |
|
Dikhil |
0 |
5 |
|
Tadjourah |
0 |
5 |
|
Obock |
0 |
5 |
Dans le modèle de simulation, les effectifs d’élèves du privé sont calculés sur la base de ces ratios à tous les niveaux. Pour obtenir les taux bruts de scolarisation du privé, il faut déduire des taux totaux ceux du public.
Selon la Loi d’orientation, l’enseignement est obligatoire jusqu’en classe de 3ème. Cette obligation s’est traduite dans le modèle de simulation par l’abandon nul dans le primaire et le moyen et cela dès l’entrée en vigueur de la réforme en 2001/02.
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Tableau 17 : Hypothèses des taux de rendement interne du primaire en 2009/10 |
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|
Année d’études |
Taux de redoublement |
Taux de promotion |
|
CP |
5% |
95% |
|
CE1 |
15% |
85% |
|
CE2 |
5% |
95% |
|
CM1 |
5% |
95% |
|
CM2 |
10% |
90% |
|
Note : D’après le modèle, le nombre d'années requis pour atteindre la cible est de 6 ans au CM2, alors que, pour CP à CM1, cette cible est appliquée à partir de 2001/02 |
||
Les taux cibles sont identiques dans tous les districts quel que soit le genre. Ces taux seront atteints dès 2001/02, année de mise en vigueur de la réforme à tous les niveaux sauf au CM2 où six années seront nécessaires.
1.3 L’organisation pédagogique des classes au
public
La taille des classes
Un objectif uniforme de 40 élèves par division pédagogique a été fixé pour tous les districts. Cet objectif doit être atteint à l’année horizon 2009/10. Il tient compte de l’état actuel décrit dans le tableau 6, où l’on constate que le District de Djibouti, avec 45 élèves, est nettement au-dessus de la moyenne nationale de 41 élèves.
Classes multigrades
Les classes multigrades sont utilisées dans les districts à faible densité de population. Les taux observés à l’année de base ont donc été maintenus uniquement là où cette pratique est utilisée.
Double flux
Le double flux est pratiqué dans tous les districts. La part du double flux a été revue à la baisse dans tous les districts comme le montre le tableau 18.
|
Tableau 18 : Hypothèses d’évolution du taux de double flux (utilisation des salles de classes), en pourcentage |
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|
Année |
Djibouti |
Ali-Sabieh |
Dikhil |
Tadjourah |
Obock |
|
1999/00 |
90 |
82 |
73 |
75 |
53 |
|
2009/10 |
80 |
70 |
60 |
60 |
20 |
Personnel enseignant
Au niveau de l’enseignement primaire, les besoins en enseignants sont
essentiellement liés au nombre de divisions pédagogiques. Ils ont donc été
calculés par rapport au ratio élèves/division pédagogique. Ce ratio a été
fixé à 40 élèves dans ce scénario de référence comme le montre le tableau
19.
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Tableau 19 : Hypothèses d’évolution des ratios élèves/classe, au niveau du pays et par district |
||||||
|
Année |
Pays |
Djibouti |
Ali-Sabieh |
Dikhil |
Tadjourah |
Obock |
|
1999/00 |
41 |
45 |
34 |
38 |
28 |
29 |
|
2009/10 |
40 |
40 |
40 |
40 |
40 |
40 |
Le passage du ratio élèves/classe à 40 se fait graduellement sur toute la période retenue pour la simulation. Pour tenir compte de certains des paramètres qui influencent les besoins en enseignants, à savoir le taux de suppléance et le pourcentage d’enseignants de remplacement en cas d’absence du permanent quel que soit le motif (décès, départ volontaire, promotion à un poste administratif, etc.), le taux de déperdition a été fixé à 5%.
2. Hypothèses relatives à l’enseignement moyen
2.1 L’admission en classe de 6ème
L’entrée en 6ème (CEM et CAP) est actuellement
très sélective. En moyenne, seul un tiers des élèves du CM2 arrivent en 6ème.
Le Programme prévoit une plus large ouverture de la 6ème aux
élèves du CM2 : dans les six ans à venir, 60% des élèves du CM2
accéderont sur orientation à la 6ème du CEM et, dès 2001/02, 30%
iront dans les centres d’apprentissage et de perfectionnement (CAP).
Ces taux sont identiques pour les garçons et les filles pour tous les districts. Le tableau 20 donne les différents taux par niveau.
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Tableau 20 : Hypothèses des taux de rendement interne à l’enseignement moyen en 2009/10 |
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|
Collège d'enseignement moyen (CEM) |
Taux de redoublement |
Taux de promotion |
|
6ème année |
5 |
95 |
|
5ème année |
5 |
95 |
|
4ème année |
5 |
95 |
|
3ème année |
5 |
85 |
|
Centre d'apprentissage professionnel (CAP) |
Taux de redoublement |
Taux de promotion |
|
Pré-professionnel |
5 |
95 |
|
1ère année CAP |
5 |
95 |
|
2ème année CAP |
5 |
95 |
|
3ème année CAP |
15 |
80 |
2.3 L’organisation pédagogique des classes au public
Ratio élèves/classe
La taille moyenne des classes a été fixée à 40 élèves pour les CEM et 20 élèves pour les CAP. Cette taille sera atteinte à l’année horizon pour les CEM et les CAP.
Nombre d’heures hebdomadaires
Le nombre d’heures hebdomadaires en vigueur pour les élèves et les enseignants a été maintenu pendant toute la durée du Programme :
|
Nombre d’heures hebdomadaires par élève |
|
|
- Au CEM |
26 |
|
dont cours en arabe au CEM : 4 heures pour CE2, et 6 heures pour CM1 et CM2 |
26 |
|
- Au CAP |
30 |
|
Nombre d’heures hebdomadaires par enseignants (Obligation de service) |
|
|
- Au CEM |
21 |
|
Pour enseignants en arabe au CEM |
24 |
|
- Au CAP |
21 |
Taux d’utilisation de l’obligation de service enseignants
Dans les classes où les enseignants sont utilisés en fonction de la spécialisation, le taux d’utilisation de l’obligation de service constaté atteint rarement 100% en raison notamment de la taille des écoles. Pour optimiser l’utilisation des enseignants, un taux moyen de 90% est appliqué à tous les districts comme le montre le tableau 21. Ce taux est atteint progressivement en 5 ans.
|
Tableau 21 : Taux d’utilisation de l’obligation de service pour les enseignants CEM, au niveau du pays et par district |
||||||
|
|
Pays |
Djibouti |
Ali-Sabieh |
Dikhil |
Tadjourah |
Obock |
|
1999/00 |
95 |
95 |
92 |
110 |
95 |
88 |
|
2009/10 |
90 |
90 |
90 |
90 |
90 |
90 |
Taux annuel de déperdition des enseignants
Ce taux, fixé à 5%, est identique à celui du primaire pour toute la période.
La part de chaque catégorie d’enseignants a été maintenue constante pour les simulations financières du scénario de référence. Elle peut être revue (à la hausse ou à la baisse) dans d’autres scénarios en fonction des implications financières induites.
3. Hypothèses relatives à l’enseignement secondaire
L’admission au secondaire général (2nde) se fait par sélection des titulaires du BEPC. L’année 1999/00 a été exceptionnelle puisqu’il a été constaté que 70% des titulaires du BEPC y ont accédé contre 31% en 1998/99. Le taux de transition a donc été porté à 75% dès l’année 2000/01.
En ce qui concerne l’admission des titulaires du BEPC au Secondaire technique et professionnel, seul 20% accèdent en seconde BEP. Ce taux de 20% a été retenu sur toute la période.
Une partie des titulaires du CAP, à hauteur de 15%, ont accédé au Secondaire technique et professionnel en 1999/00. Ce taux de 15% a été maintenu sur toute la période.
Les taux cibles de rendement interne, présentés dans le tableau 22, doivent être atteints en six ans.
|
Tableau 22 : Taux cibles de rendement interne au secondaire |
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|
Secondaire général |
Taux de redoublement |
Taux de promotion |
|
En 2nde et en 1ère |
10 |
85 |
|
En Terminale |
10 |
70 |
|
Secondaire technique et professionnel |
||
|
En 2nde BEP |
5 |
85 |
|
En 1ère BEP |
5 |
90 |
|
En 1ère Bac Pro |
5 |
85 |
|
En Terminale Bac |
5 |
90 |
Il s’agit d’améliorer les rendements actuellement très bas dans une période relativement courte. Cela nécessitera un effort considérable pour maintenir la qualité de l’enseignement à son niveau actuel, en jouant sur le nombre d’enseignants et le matériel didactique.
3.3 L’organisation pédagogique des classes au publicRatios élèves/classe
Les objectifs à atteindre sont présentés dans le tableau 23. Le nombre d’années pour atteindre l’objectif est de 10 ans pour les lycées. Pour l’enseignement technique et professionnel, il s’agira de passer immédiatement aux ratios cibles.
|
Tableau 23 : Ratios cibles d’élèves par classe au secondaire |
|||
|
Lycée |
BEP |
Bac Pro |
|
|
1999/2000 |
50 |
24 |
16 |
|
2009/2010 |
40 |
30 |
30 |
Nombre d’heures hebdomadaires
Les horaires hebdomadaires constatés pour les élèves et les enseignants à l’année de base ont été maintenus pendant toute la période.
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Tableau 24 : Le nombre d’heures hebdomadaires pour les élèves et les enseignants en 1999/00 |
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|
Élèves |
Professeurs |
|
|
Secondaire Général |
35 |
18 |
|
Technique et Professionnel BEP |
26 |
21 |
|
Technique et Professionnel Bac Pro |
26 |
21 |
Taux d’utilisation de l’obligation de service des enseignants
Il a été constaté que les taux d’utilisation de l’obligation de service des enseignants est assez faible, notamment pour l’enseignement technique et professionnel. Ils ont été harmonisés à 90% à l’année horizon.
|
Tableau 25 : Taux d’utilisation de l’obligation de service enseignant au secondaire (en pourcentage) |
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|
1999/2000 |
2009/2010 |
|
|
Secondaire général public |
79 |
90 |
|
BEP et Bac Pro public |
48 |
90 |
Taux annuel de déperdition des enseignants
Il a été maintenu à 5% sur toute la période comme dans les autres niveaux d’enseignement.
La part des différentes catégories d’enseignants observée à l’année de base (voir tableau 13) a été maintenue durant toute la période.
4. Hypothèses relatives à l’enseignement supérieur
Les inscriptions dans cet ordre d’enseignement vont être encouragées avec l’ouverture de l'Université à Djibouti. Ainsi 90% des bacheliers auront accès à l’enseignement supérieur, dont 60% pour l’entrée au cycle DEUG et 30% pour l’accès au cycle BTS.
Il est à noter que l’État djiboutien entretient, rien que pour l’année 1999/00, un millier d’étudiants tous boursiers à l’étranger pour une enveloppe de plus d’un milliard de francs Djibouti, soit environ 6 millions de dollars des États-Unis. L’effectif des boursiers est en constante évolution et a pratiquement doublé entre 1996 et 2000 passant de 500 à 1000 étudiants.
La politique du Gouvernement vise à réduire de façon significative le nombre de boursiers qui passeront d’environ 1000 cette année à 200 en 2009/10.
Les taux de rendement interne constatés à l’année de base ont été maintenus sur toute la période.
Dans ce scénario de référence, les besoins en enseignants au supérieur ont été évalués sur la base du ratio fixé à 25 étudiants par professeur sur toute la période. En effet, l’université étant encore à l’état embryonnaire, ce choix a été inspiré des normes observées dans la sous-région.
En ce qui concerne la formation au CFPEN, les recrutements des nouveaux élèves-maîtres sont évalués de façon à ce que le nombre de sortants à l’année n puisse couvrir les besoins en enseignants de l’année n+1, donc immédiatement utilisables pour l’année scolaire suivante.
5. Hypothèses relatives au cadrage macroéconomique
Il s’agit ici d’évaluer les dépenses d’éducation requises pour atteindre les objectifs en matière d’éducation et de les confronter aux crédits qui pourraient être disponibles selon les scénarios retenus. Il est communément admis que les crédits à l’éducation dépendent notamment de deux types de paramètres :
Ces considérations montrent l’intérêt qu’il y aurait à disposer d’indicateurs socio-économiques fiables, capables de rendre compte de la part occupée par chacune des contraintes aux processus de réforme et/ou de développement du système éducatif. La corrélation entre ces deux types de paramètres peut permettre de tenir compte des implications des différentes contraintes dans le processus visant à atteindre les objectifs retenus. Aussi avons-nous calculé la projection des dépenses d’éducation de l’État en retenant :
Ces dépenses de fonctionnement comprennent la masse salariale, les dépenses de matériel (fournitures de bureau, habillement, fournitures scolaires, moyens de transport, eau & électricité, fonctionnement des cantines, …), les transferts (bourses d’études, subventions au privé, aides au logement,…).
La limitation aux seules dépenses de fonctionnement montre que le modèle ne tient pas compte des autres composantes de dépenses courantes de l’Etat que sont les dépenses d’investissement et la réduction des arriérés du Trésor Public.
Les dépenses d’investissement sont celles qui portent sur des biens durables telles les salles de classe et les laboratoires avec leurs équipements. Leur utilisation couvrant plusieurs années, le coût des investissements peut être mesuré pour chaque année par l’annuité d’amortissement relative à l’espérance de vie de l’équipement ou des biens matériels considérés.
Le modèle financier de Djibouti ne comporte pas les coûts des investissements. Cette exclusion relève du mode d’organisation et de répartition des tâches voulus par les autorités du MEN. Les coûts des investissements sont déterminés par le Bureau d’Etude des Projets d’Education (BEPE). Le suivi de ces investissements relève du Ministère de l’Economie, de la Planification, chargé de la Privatisation, en sa Direction de l’économie. Le coût initial et la structure de financement des investissements dans l’éducation, les bailleurs, et les fonds à rechercher sont publiés dans le document interne intitulé Portefeuille des investissements publics, rubrique " Secteurs Sociaux : éducation et formation ". On y trouve les coûts totaux des projets d’investissement dans l’éducation. Par respect de cette répartition des tâches, le modèle ne retient que les dépenses de fonctionnement dans le cadrage budgétaire. C’est pourquoi le budget du MEN retenu dans cette optique est en réalité inférieur aux dépenses d’éducation de l’Etat (qui englobe le budget de fonctionnement et le budget d’investissements).
La dette publique n’est pas prise en compte. Elle se scinde en une composante extérieure et en une autre intérieure. La dette intérieure de Djibouti à l’égard des établissements et entreprises publiques est traitée hors budget. Le service de la dette extérieure (montant de l’annuité de remboursement de la dette sur la valeur des exportations de la même année) reste raisonnable et s’établit à 8%.
S’agissant des ressources extérieures dans le financement de l’éducation, leur projection sur la période du programme décennal n’a pas été effectuée dans le modèle, eu égard à la diversité des sources et surtout au caractère aléatoire/imprévisible de leur évolution. Ces ressources prennent la forme de prêts et de dons. Dans cette dernière on retrouve l’assistance technique française (ATF) et l’assistance technique d’autres pays amis ou d’organismes internationaux.
Le tableau 26 présente l’évolution du budget total de fonctionnement de l’État au taux de croissance de 2,23%, ainsi que la part de ce budget qui est attribuée au Ministère de l’éducation nationale.
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Tableau 26 : Projections budgétaires volontaristes |
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Années |
Budget de fonctionnement d’État, en milliers de FDJ* |
Part du budget de l’État allouée à l’éducation ** |
Budget de fonctionnement du MEN correspondant en milliers de FDJ |
|
1999 |
30 800 000 |
12,51% |
3 853 016 |
|
2000 |
31 487 000 |
14,30% |
4 503 821 |
|
2001 |
32 189 160 |
16,30% |
5 248 039 |
|
2002 |
32 906 978 |
18,30% |
6 023 210 |
|
2003 |
33 640 804 |
20,30% |
6 830 344 |
|
2004 |
34 390 994 |
22,30% |
7 670 480 |
|
2005 |
35 157 913 |
24,30% |
8 544 690 |
|
2006 |
35 941 935 |
26,30% |
9 454 076 |
|
2007 |
36 743 440 |
28,30% |
10 399 770 |
|
2008 |
37 562 818 |
30,30% |
11 382 942 |
|
2009 |
38 400 469 |
32,30% |
12 404 791 |
|
2010 |
39 256 800 |
34,30% |
13 466 553 |
|
Note : * Le taux de croissance annuel du budget d’Etat projeté est celui de 1999/00 qui était de 2,23%. ** La part du budget d’éducation sur le budget total de l’Etat croît de 2 points de pourcentage par an. |
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5.2 Choix du taux de croissance du PIB :
Le produit intérieur brut (PIB) de 1999 est estimé par nos soins à 88.639 millions de francs Djibouti (FDJ), sur la base du PIB moyen observé entre 1995 et 1998. Le taux de croissance annuel sur cette période est de –0,4% pour le PIB nominal, et de 1,23% pour le PIB en volume.
Cependant, selon les engagements pris dans le cadre de la FASR (Facilité d’ajustement structurel renforcé) pour 1999-2002, signée en juillet 1999, on prévoit un objectif de croissance du PIB de 3%, et un taux d’inflation de 2% par an. Un cas de projections budgétaire se base sur cette estimation nationale d’un taux de croissance annuel du PIB de 3%.
Quant à l’aspect méthodologique, deux options de cadrage sont envisageables, en fonction de la volonté politique mesurée par l’importance de la part du budget de l’éducation dans le budget total de fonctionnement de l’État d’une part, et en fonction du PIB d’autre part. La combinaison des deux permettra de déterminer les ratios de cadrage, comme l’indique le tableau 27.
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Tableau 27 : Scénarios des budgets du Ministère de l’éducation nationale (MEN) en milliers de FDJ et ratios de cadrage des dépenses d'éducation sur les dépenses totales d’Etat en pourcentage |
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Années |
Budget du MEN volontariste * |
Budget du MEN correspondant au PIB à 3% ** |
Budget moyen du MEN |
Budget de fonctionnement d’Etat *** |
Ratio de cadrage **** |
|
A |
B |
C=(A+B)/2 |
D |
E=C/D |
|
|
2000 |
4 503 821 |
4 503 821 |
4 503 821 |
31 487 000 |
14,30 |
|
2001 |
5 248 039 |
4 685 325 |
4 966 682 |
32 189 160 |
15,43 |
|
2002 |
6 023 210 |
4 874 144 |
5 448 677 |
32 906 978 |
16,56 |
|
2003 |
6 830 344 |
5 070 572 |
5 950 458 |
33 640 804 |
17,69 |
|
2004 |
7 670 480 |
5 274 916 |
6 472 698 |
34 390 994 |
18,82 |
|
2005 |
8 544 690 |
5 487 495 |
7 016 093 |
35 157 913 |
19,96 |
|
2006 |
9 454 076 |
5 708 641 |
7 581 358 |
35 941 935 |
21,09 |
|
2007 |
10 399 770 |
5 938 699 |
8 169 235 |
36 743 440 |
22,23 |
|
2008 |
11 382 942 |
6 178 029 |
8 780 485 |
37 562 818 |
23,38 |
|
2009 |
12 404 791 |
6 427 003 |
9 415 897 |
38 400 469 |
24,52 |
|
2010 |
13 466 553 |
6 686 011 |
10 076 282 |
39 256 800 |
25,67 |
|
Note : * Les hypothèses retenues sont : le taux de croissance de la part de l’éducation dans le budget de l’Etat augmenterait annuellement de 2 points de %. ** Les hypothèses retenues sont : le taux de croissance de PIB serait de 3% alors que la part du budget de l’Etat sur le PIB s’accroîtrait annuellement de 1%. *** Le taux de croissance annuel du budget d’Etat projeté serait de 2,23% comme en 1999/2000. **** La moyenne de 2009 et 2010 donne 25,09%, utilisé pour la dernière année dans le cadrage. |
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L’approche adoptée (présentée dans le tableau ci-dessus) a l’avantage d’être relativement rigoureuse : elle peut inciter le décideur à la prudence, voire à une révision de certaines des ambitions affichées, notamment en situation d’incertitude (et même d’indécision) sur l’évolution future des performances économiques du pays.
Son inconvénient tient au fait que le budget du MEN sera fonction des aléas de l’évolution macroéconomique du pays. Cependant, la réalité voudrait qu’un engagement du pays dans un processus de réforme et de développement de son système éducatif s’accompagne d’un effort financier conséquent, se traduisant par une part plus importante de ses dépenses d’éducation dans le budget national. En d’autres termes, l’expression financière de la volonté politique de développer le système éducatif devrait être supérieure à ce qu’elle était précédemment.