Formation des enseignants généralisateurs et expérimentateurs
du
programme : "Approche par les compétences"
du
07 au 09 septembre 02
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Un démarrage sur les chapeaux de roues
Après
l'euphorie de la rentrée scolaire, les enseignants et leurs formateurs se
sont attelés à une toute autre tâche, celle encore plus laborieuse et
combien enrichissante pour les enseignants et à long terme pour les élèves.
Organisées
par le CRIPEN ces journées de formation, animées conjointement par un
noyau de formation à savoir des chercheurs du CRIPEN, des conseillers pédagogiques
de l'enseignement de base et des professeurs du CFPEN, ont débuté le 7
septembre 2002 au profit des instituteurs et institutrices de première
année et le 10 septembre 2002 pour les enseignants expérimentateurs en 2ème
année. Ces deux formations se sont déroulées dans les locaux du CFPEN
et du service de l'Enseignement de Base.
Il
est à rappeler que ce genre de formations avait déjà eu lieu au mois de
mai dernier pour tous les enseignements titulaires d'une classe de 1ère
année, c'est-à-dire juste avant les vacances scolaires et ce pour la préparation
de la généralisation en 1ère année du nouveau programme de
l'école fondamentale qui va démarrer en septembre 2002.
Ainsi
une cohorte de 51 classes de première année ayant testé les nouveaux
programmes et outils pédagogiques pour ce même niveau ; il a fallu
reconduire l'expérimentation pour le même nombre de classe pour la deuxième
année.
Ce
qui implique que les enseignants qui auraient en charge ces élèves
soient à leur tour formés et ce pour les niveaux qui les concernent.
Quels
objectifs pour ces formations ?
En
fait, il s’agit d’un renforcement des acquis des enseignants, d'un
rappel pour rafraîchir la mémoire des enseignants qui doivent d’une
part (pour la première année) assurer la généralisation du nouveau
curriculum et il s'agissait d’autre part de former les enseignants de 2ème
année à l'évaluation diagnostique sur les pré-réquis des élèves.
Chronique des journées de formation
"J'intègre, tu intègres,
il évalue".
C'est par ce
"slogan" pour le moins insolite et tout à fait adapté à la
situation qu'a démarré sur les chapeaux de roue la première journée de
formation destinée aux enseignants de première année.
Pour
mieux les confronter au travail qui les attendait les formateurs ont eu
d'abord à visionner une cassette des séquences d'intégration avec les
enseignants dans des classes de première année.
L'objectif
était aussi de leur donner un avant goût de ce qui les attendait réellement.
Notons que cette cassette émaillée de commentaires pertinents a été réalisée
par le CRIPEN en collaboration avec les concepteurs de programme. Ce
premier volet de formation a
été vivement saluée par les enseignants qui ont trouvé l'idée
originale et enrichissante. Après avoir été mis dans le
"bain" il s'en est suivi un exposé sur la planification générale
des apprentissages d'une année : consacrer la première semaine au
diagnostic des activités : semaine d'intégration/semaine de remédiation.
Par
la suite se sont déroulées des activités de groupe pour établir les
emplois du temps sur la base du nouveau volume horaire de l'Enseignement
de Base.
Les
enseignants qui étaient restés sur leur faim ont eu l'occasion de
revisionner la cassette et cette fois-ci avec beaucoup plus d'engouement
mais aussi de recul et de curiosité, essayant de déceler la moindre
information qui pourrait enrichir encore plus leurs connaissances.
D'ailleurs,
il fallait en regardant la cassette, essayer de retrouver la méthodologie
d'une activité d'intégration. Il est à noter qu'il s'agit là d'un
travail de groupe conduisant aux grands traits de la méthodologie suivie
: d'où un travail d'analyse.
Cette
journée de formation de base s'est achevée par des tests récapitulatifs
ainsi que des questions relatives à la mise en place de la généralisation.
La
deuxième et troisième journée de la formation a été axée vers la
pratique de classe.
Il
a fallu constituer 4 groupes, devant effectuer une rotation dans 2
ateliers par jour à raison de 2 h par atelier. Le programme proposé se
présente de la manière suivante:
-
par atelier : (2jours : 2 h par groupe)
-
Planification des apprentissages ponctuels, ainsi que les semaines
d'intégration pour chaque discipline.
-
Elaboration des situations d'intégration pour chaque discipline.
Enfin
il est important de rappeler qu’une évaluation nationale sera faite au
mois de mai 2003 pour évaluer les acquis finaux des élèves et par la
même, la pertinence du dit programme.
MARIAMY ALI DINI
CRIPEN
Une évaluation
critériée …
L'évaluation
critériée fait tout aussi sa rentrée à l'école. C'est une évaluation
qui se veut objective car elle s'oppose à une évaluation globale donnant
lieu à une appréciation tout aussi globale. Cette nouvelle forme
d'évaluation est une lecture critique de toute production qui implique à
la fois l'enseignant et l'apprenant : l'enseignant parce qu'il dispose
désormais d'un cadre d'analyse définissant de façon explicite des
critères indépendants les uns des autres, critères qui cons-tituent des
balises con-crètes, l'ap-prenant parce qu' il devra mener une
auto-critique de ses productions en vue de mesurer ses lacunes mais aussi
ses progrès.
Bref
le bien-fondé de cette évaluation critériée est qu'elle est un frein
aux échecs mais aussi aux réussites abusives dûs par l'insuffisance de
critères pertinents et savamment dosés.
L'après-évaluation :
la
remédiation …
Avec
la nouvelle approche, le métier d'enseignant pourrait être comparé à
deux autres professions où un diagnostic approfondi est utile avant
l'administration d'un remède ou la réparation, le changement d'une
pièce : il s'agit de la profession de médecin ou de mécanicien
pour l'exemple. Ainsi, tel un médecin muni de son stéthoscope, un
mécanicien de sa jauge, l'enseignant, avec l'évaluation critériée, se
sert d'une liste de critères d'évaluation pour jauger la maîtrise ou le
degré de non maîtrise des acquis des élèves. A la
suite
de cette analyse-bilan, le maître met à la disposition des élèves, la
remédiation qui s'impose en fonction des besoins des uns, des lacunes des
autres. La remédiation constitue donc un moment-clé pour l'enseignant.
Sur la base des résultats, il doit mettre en place une remédiation
différenciée. Pour un premier groupe qui n'a pas acquis comme escompté
les apprentissages antérieurs, il s'agit de reprendre les notions non
maîtrisées. Pour un autre groupe, il faudra emprunter une autre
démarche que celle utilisée précédemment et aborder les savoirs avec
d'autres outils. Par exemple, pour un élève de deuxième année qui a du
mal à repérer les mots dans la phrase, il s'agira de proposer divers
exercices impliquant le découpage de la phrase sur bande de papier ou une
reconnaissance de la phrase sans les blancs.
Enfin
quelque soit la remédiation choisie, l'utilisation d'une pédagogie
différenciée reste très importante et les élèves du moins ceux qui
savent se débrouiller mieux que leurs camarades peuvent servir de
tuteurs, de soutien aux élèves en difficulté.
Un
enseignant créatif et autonome …
L' impact souhaité sur les deux pièces maîtresses de
l'apprentissage à savoir l'enseignant et l'apprenant ne sont pas des
moindres. Voulant inculquer l'autonomie à l'élève, il se doit d'être
créatif et autonome.
Créatif,
il fabrique les situations d'intégration et d'évaluation sur le modèle
de celles qui lui sont proposées voire il les réadapte en fonction de
ses élèves.
Autonome, il met en pratique un système d'évaluation, se
sert de critères, instaure un mode de dépouillement et d'analyse adéquat à
sa classe.
Enfin
observateur avisé, il détecte le dysfonctionnement dans les productions
de l'élève, les lacunes importantes qui gênent la poursuite des
apprentissages puis met en place la remédiation nécessaire en vue de
combler les lacunes.
Un
élève actif et compétent …
Actif, il est associé à la construction de son
apprentissage. Il apporte à chaque moment, la brique qui doit consolider
sa formation. Actif, il sert de tuteur à ses camarades présentant des
difficultés.
Compétent, il doit satisfaire une série de situations
complexes. Compétent, enfin, il est initié à sa propre évaluation, son
auto-évaluation.
En
définitive, la nouvelle méthode permet d'installer une continuité et
d'éviter une rupture entre ce qui était auparavant l'enseignement
primaire et l'enseignement secondaire et qui sera désormais
l'enseignement fondamental. Plus qu'un changement, la démarche fait
évoluer la pratique pédagogique dans trois domaines en
l'occurrence : la triade intégration-évaluation-remédiation. Mise
à part, cette grande nouveauté que constitue le système d'évaluation,
il s'agit d'élargir la démarche d'utilisation des actes de communication
et de résolutions de situations problèmes déjà en vigueur dans
l'enseignement primaire.
Madame
Nimo BOULHAN
CRIPEN