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Editorial Le bon choix Réforme de programme de l'enseignement fondamental

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La réforme des programmes de

l’Enseignement fondamental : Qu’en est-il ?

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Dès la décennie 80, le système éducatif Djiboutien calqué sur celui de la France s’est révélé au fil des années inadapté et inefficace pour faire face aux besoins d’un pays nouvellement indépendant. Face à ces inquiétudes grandissantes et animé par une volonté d’adapter les objectifs, contenus et méthodes du système éducatif aux réalités et aux besoins du pays, le Ministère créa deux bureaux pédagogique en 1983 et 1984, l’un pour l’Enseignement Primaire et l’autre pour le second degré et ceci afin de renforcer les capacités et les compétences des acteurs du système dans les domaines variés tels que : élaboration des curricula, méthodes d’enseignement, matériels didactiques mais aussi l’évaluation.

Dans le but de se donner les moyens de réussir dans cette voie, le Ministère propose la transformation du secteur recherche et production de deux bureaux en un Centre de Recherche d’Information et de Production de l’Education Nationale en 1988. Il a fallu attendre avril 90 pour que la Gouvernement l’officialise par décret présidentiel.

Comme son nom l’indique, ce centre a pour missions  : la recherche en matière de pédagogie et de didactique, l’information par les outils de communication tels que la radio et la télévision scolaire, le BEN (Bulletin de l’Education Nationale); l’élaboration des programmes et instructions d’enseignement ; la production de matériel didactique et pédagogique ; l’évaluation qui est au cœur de la recherche-action donc qui assure un rôle clé, puisque le centre mène des études commanditées par le CSE (Comité Supérieur de l’Education) pour orienter la politique éducative.

 

Depuis sa création, le CRIPEN a mené à terme de nombreux projets de recherche, de production et d’évaluation notamment : le développement des curricula de l’Enseignement Primaire (1992) et de l’Enseignement du premier cycle du secondaire (1995), l’élaboration d’une nouvelle méthode d’enseignement du français, ainsi que la conception et la confection des documents didactiques et pédagogiques de différentes disciplines pour les enseignants du primaire et du secondaire (1er cycle ) pour ne citer que ceux-là. Il faut noter que la réécriture des programmes du premier cycle du secondaire n’était pas arrivée à terme. Cette situation fort gênante ne devrait pas perdurer puisque les contenus de programmes, les manuels importés de France, sont loin de répondre aux attentes de l’élève djiboutien  qui désire s’imprégner des valeurs culturelles de son environnement par exemple. Ces aspirations sociales de transformation de l’école djiboutienne sont fortement exprimées lors des assises des états généraux de l’éducation nationale en décembre 1999. Un événement historique qui a conduit à une série de recommandations visant la structure, les finalités, la gestion, le financement du système. Il s’en est suivi une nouvelle loi d’orientation soutenu par  un Schéma Directeur décennale et un plan d’action quinquennal (2001/05) qui redéfinissent les finalités du système éducatif et réaffirment également les priorités.

En cohérence avec les recommandations de grandes conférences Mondiales de Jomtien (1990) à Dakar (2000), notre pays s’est fixé pour objectif de parvenir à une éducation pour tous et de qualité. C’est sous cet angle qu’il faut voir la réforme des programmes de l’enseignement fondamental entamé il y a un peu plus d’un an.

 

Concrètement où en sommes nous ? Etat de la situation et perspectives

 

La rénovation des programmes de l’enseignement fondamental a débuté en mars 2001, sous la houlette des experts du BIEF (Bureau d’Ingénierie en éducation et en formation) installé en Bruxelles. Les didacticiens des différentes disciplines, les responsables pédagogiques ainsi que les chercheurs du CRIPEN ont été mobilisés pour effectuer la réécriture des programmes selon une approche dite par les compétences dans la perspective d’un enseignement fondamental de 9 ans, obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans. Les concepteurs après une formation solide de quelques jours et en profondeur ont élaborés pour chaque discipline, les OTI (Objectif Terminal d’Intégration:profil de sortie de l’élève, c’est à dire quel type d’élève voulons nous à la fin d’une scolarité obligatoire de 9 ans)et l’OII (Objectif Intermédiaire d’Intégration de la 5ème et de 9ème années et sont ensuite redescendus sur les autres niveaux. Aussi, pour chaque niveau, ils ont eu à développer trois ou quatre compétences de base, lesquels permettent d’atteindre partiellement les OTI. Ces ensembles de compétences doivent permettre à l’apprenant djiboutien d’être à la sortie du système, autonome dans son environnement et de contribuer pleinement au développement économique et social de son pays.

 

Les travaux des commissions disciplinaires au nombre de 16 avec certains concepteurs à temps partiel, ont évolué de manière très appréciable tant en quantité qu’en qualité. Les documents produits sont très appréciables. La trame des programmes est globalement finalisé pour l’ensemble des disciplines de l’enseignement fondamental avec toutefois une amélioration au niveau de certaines disciplines surtout de l’enseignement moyen. Les guides d’intégration, supports d’appoint à l’enseignant pendant les semaines d’intégration sont également disponibles pour toutes les disciplines. Ces outils évolueront vers le guide de l’enseignant qui couvrira l’ensemble des semaines d’apprentissage.

Parallèlement à la réécriture des programmes, la réforme a connu une expérimentation en 1ère année de l’enseignement de base. Cette expérimentation a été menée dans quatorze écoles pilotes comprenant 51 classes et réparties dans l’ensemble du district. Ce fut une lourde opération qui a nécessité beaucoup d’efforts, une préparation considérable. Les enseignants, les directeurs, les inspecteurs et les conseillers pédagogiques des écoles pilotes sont les acteurs principaux de cette expérimentation.

Aussi, un dispositif de formation mis assez tôt en place par l’expert XAVIER ROEGIERS au début du mois de septembre 2001 a correctement fonctionné. Il s’en est suivi une série de formations sur les connaissances de base de l’approche par les compétences, à la fois dans le cadre de l’expérimentation en deuxième année de l’enseignement de base et d’une généralisation en 1ère année de base, lors de la rentrée scolaire 2001/02. La réussite de ces formations reflète une parfaite collaboration entre les trois institutions (CRIPEN/Enseignement de base/CFPEN. Pour mieux consolider les acquis de ces formations effectuées respectivement en mars et mai 2002, il est prévu un rappel des formations disciplinaires pendant la semaine du 7 au 12 septembre 2002. Il faut noter également que l’approche par les compétences a été introduite dans la formation continue des enseignants au niveau du CFPEN (Centre de formation de personnel de l’Education Nationale). Dans la continuité de ce qui se fait au CRIPEN, ce centre s’est engagé depuis avril 2002, dans la rédaction de référentiel des élèves instituteurs selon cette même approche.

 

La rentrée scolaire 2002/03 augure en perspective une année riche en activités puisqu’après l’expérimentation une étape cruciale se prépare. Il s’agit de la généralisation en première année de l’enseignement de base qui va amorcer en quelque sorte le changement tant attendu par la société. L’expérimentation sera graduelle et selon les niveaux d’enseignement. Ainsi, la cohorte de première année va poursuivre l’expérimentation en deuxième année de l’enseignement de base. Je dois dire qu’au niveau de la production, l’essentiel est disponible pour que le processus de généralisation et d’expérimentation en soient une réussite. Rappelons que sur le plan méthodologie, l’expert Xavier Roegiers et l’équipe nationale bien formée ont assuré une supervision de ce qui se fait au niveau de la conception et l’élaboration des documents pédagogiques Une validation dite scientifique a été également assurée. D’ailleurs, les contenus des manuels en vigueur notamment ceux de Français (Primaire) seront revus de façon à fournir aux enseignants et aux élèves des supports et des guides pédagogiques conformes à l’esprit des nouveaux programmes. Il est prévu dans le cadre du Projet « PASDED » (Mission Française de Coopération), un soutien  aux concepteurs  en vue de renforcer leurs compétences dans les domaines allant de la conception à l’élaboration des manuels, ainsi que la mise en page avancée et même de l’évaluation . En ce sens, le partenariat sera recherché et envisagé avec certaines agences telles que l’AIF (Agence Intergouvernemental de la francophonie), les institutions du Sud comme par exemple, celles de Tunisie. Quant à l’impression des futurs manuels, le partenariat avec les entreprises d’impression locale sera recherché et développé.

 

Quant à l’enseignement moyen un choix prudent a été fait par le Comité de pilotage de la réforme des programmes. Le collège de Charles de Foucauld est retenu pour mener une pré-expérimentation afin de rester dans la dynamique de recherche et d’innovation lancé depuis mars 2001. L’implication des inspecteurs du secondaire dans leur discipline respective contribuera énormément à l’évolution des travaux de ce niveau d’enseignement.

 

En, conclusion, les travaux de la réforme des programmes sont en bonne voie et je reste confiant quant à l’évolution future des activités du CRIPEN. D’ailleurs, l’expérience Djiboutienne en matière d’élaboration des curricula a été fortement appréciée comme en témoigne l’atelier régional organisé conjointement par l’AIF et le MENESUP, portant « sur les politiques nationales en éducation de base et élaboration des curricula ». Ce séminaire s’est déroulé au centre du 8 au 15 juin 2002.

Vous pouvez aussi voir l'article pour la réforme BEN-1

Directeur du CRIPEN

HAMID MOHAMED ADEN

 

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