Retour à la page d'accueil         N° 28
Editorial Le bon choix Réforme de programme de l'enseignement fondamental

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Bulletin N° 26,27, ...


Point de vue sur la Réforme
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 N°1

 Le monde dans lequel nous vivons est en perpétuel changement. Tout bouge et évolue sans cesse. En un peu plus d’un siècle jamais inégalé, dans le domaine de la recherche scientifique et technique le progrès a tellement rapproché les hommes que l’on parle actuellement de «village planétaire». Depuis la nuit des temps l’homme se soucie de l’amélioration de son existence ceci est vrai également dans l’acquisition du savoir qui a évolué depuis l’invention de l’écriture par les Sumériens en Mésopotamie. La vision actuelle de notre monde découle de l’aboutissement naturel de ce lent cheminement amorcé voici des siècles. En matière d’apprentissage des méthodes d’enseignement ont été mise au point, étudiées, discutées, améliorées, souvent remises en cause, toujours orientées vers un idéal de perfectionnement hélas jamais atteint.

 C’est dans cet esprit d’innovation que s’est tenue à Djibouti une conférence dans laquelle les autorités politiques, les techniciens de l’Education, les représentants de la société civile se sont portés au chevet de l’école Djiboutienne dans l’optique de mieux cerner les grands problèmes auxquels elle est confrontée et d’établir un diagnostique salvateur.

 Ceci explique tout naturellement la mise en place progressive d’une grande réforme amorcée sur les recommandations émanant des Etats Généraux de l’Education.

 Au-delà des termes nouveaux proposés (Enseignement de Base, Fondamental, etc..). C’est surtout l’introduction cette année dans certaines écoles plus précisément en 1ère année de base de la méthode dite l’Approche par les Compétences qui retient l’attention.

 Cette approche, comme l’indique son nom, vise à former des citoyens compétents, dynamiques, fiers de leurs cultures, soucieux de leur environnement et maîtrisant un certain nombre de compétences exprimées à travers des savoirs, des attitudes, des aptitudes en vue de participer pleinement au développement de leur pays.

 En se gardant de tout critique stérile, on peut néanmoins mettre en exergue ce qui se pratique derrière les murs de nos écoles et qui consiste à l’enseignement d’un certain nombre de nations pour chaque niveau et contenus dans le programme annuel défini par les OPIP, sans trop se soucier de l’intégration effective et mesurable des compétences à faire acquérir par les élèves. Par opposition, l’approche par les compétences privilégié naturellement une volonté constante de faire souvent le point ,de rechercher des repères. L’évaluation des acquis et surtout la remédiation des lacunes devront être les maîtres mots de la nouvelle méthode qui sera généralisée progressivement à l’enseignement de base. Cela impliquera forcément de la part des enseignements une prise de conscience sur l’enjeu de cette réforme, demandera aussi de leur part une certaine abnégation, de l’énergie supplémentaire, de la patience enfin pour gagner la bataille contre l’échec scolaire.

 Par ailleurs, en vue de garantir ce succès le personnel de l’encadrement devra doubler d’effort pour soutenir et accompagner les hommes et les femmes chargées de la noble tâche d’éduquer les futurs citoyens et citoyennes de la République de Djibouti. Ensemble on pourra relever ce grand défi et redonner confiance à la société pour son système éducatif.

Houssein barreh
Conseiller Pédagogique Dj 1

N°2
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 L’année scolaire 2001/2002 qui touche à sa fin emportant avec elle bien des questions qui se posaient dans les écoles : «Qu’est-ce l’intégration ? Qu’est-ce qui changera dans nos pratiques actuelles ? Qu’est-ce qui restera ? En un mot, qu’est-ce l’Approche par les Compétences ?»

 Ces questions ont quand même obtenues des réponses tout au moins dans les écoles composant le champ expérimental de première année. En effet, cette année ayant fait l’objet d’expérimentation dans les classes, d’animations pédagogiques, de suivi, de réunions d’expérimentateurs a permis de mettre en exergue d’une part plusieurs obstacles rencontrés par les enseignants dans la mise en place des activités d’intégration et d’autre part d’observer et d’analyser le poids de l’apport de cette approche à l’existant. Les premières semaines d’intégration ont certes été assez difficiles à mettre en place de part leur nouveauté et la complexité de la tâche par contre, les réflexions et le travail d’équipe ont permis d’apporter les solutions adéquates pour mieux tirer profit de cette phase expérimentale.

 Par ailleurs, le fait qu’un bon nombre d’élèves présentait des difficultés pour réinvestir leurs acquis pendant les semaines d’intégration a permis la mise en place d’une réflexion sur les modalités des apprentissages ponctuels qui se faisaient certes régulièrement mais parfois de manière incorrecte. Des pistes de travail, des attitudes à adopter, des techniques et stratégies nouvelles à mettre en œuvre ont été dégagées pour mener pertinemment et objectivement les apprentissages futurs des élèves.

 D’ailleurs, les enseignants ont fini par connaître l’importance de la mise en place d’activités intégratrices et ont déterminé leur impact sur le processus d’apprentissage Toutefois la difficulté sévit encore dans les activités de remédiation où le vrai sens du terme reste un peu confus.

 Voici donc, pour conclure, quelques réponses émanant d’enseignants expérimentateurs :

 Les élèves arrivent à lire un petit texte, à écrire une phrase, à utiliser à l’écrit les notions d’espaces ce qui n’était pas le cas jusqu’ici où l’emploi des mots se limitait à l’oral car maintenant les élèves manipulent les mots dans des situations.

 Les élèves se sont familiarisés avec de nouveaux types d’exercices en lecture et en mathématiques ce qui leur a montré que les activités en classe peuvent être variées et motivantes. Et la complexité des situations les a habitués progressivement à l’effort tant intellectuel que gestuel.

  L’équipe des expérimentatrices de Ambouli 2

 

 N°3
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La nouvelle méthode, l’Approche par les Compétences, permet à l’enfant et l’enseignant de s’assurer l’ampleur de l’enseignement reçu ou dispensé. La plus grande particularité de cette méthode demeure sur les semaines d’intégration qui d’après la programmation, arrivent à la fin de la 5ème semaine, la 11ème, 17ème, 23ème.

Tout au long de cette semaine, l’élève est appelé à s’entraîner pour résoudre des situations-problèmes nouvelles et complexes et signifiantes qui nécessitent la combinaison de ses apprentissages ponctuelles.

La semaine s’est répartie comme suivant :

Les 4 premiers jours sont destinés à l’intégration des acquis : donc entraînement à la résolution des situations d’intégration.

Les 2 derniers jours sont laissés à l’évaluation de l’intégration proprement dite (la compétence sollicitée est acquise, en voie d’acquisition ou non acquise).

A la lumière de ces semaines ressortiront un constat qui appellera à une remédiation. D’où deux semaines de remédiation couronnent le processus. Ils arrivent après la 2ème et la 4ème semaine d’intégration (l’enseignant  prépare des situations de remédiation appropriés, répondant à l’attente des élèves).

Le succès de la nouvelle méthode, l’Approche par les Compétences, repose sur 3 points essentiels :

 1.      L’engagement total de l’équipe pédagogique (c’est-à-dire enseignants, directeurs + l’équipe de ‘encadrement) pour un suivi pointu, soutenu par un écoute attentif et permanent

 2.      L’effectif du groupe classe ne doit pas excéder + 40

 3.      La disponibilité des matériels

-         Documentation pour l’équipe pédagogique

-         Matériels collectifs (tableau- planches- situations de lecture agrandies- machine à alcool, rames de papiers – carton)

-         Manuels élèves (didactiques)

Le directeur de Ambouli 1

 

N°4
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Expérimentation 2001/2002

 Semaine d’intégration :

 Pour les élèves, c’est une semaine pas comme les autres car il y a interruption total des apprentissages. Dans cette semaine l’élève est le seul face à des exercices ou situations problèmes plus complexes que d’habitude sur lesquelles les exercices étaient en directe avec la leçon du jour, mais dans la semaine d’intégration, c’est les acquis de tout le dossier qui sont évoqués et mis à la disposition de l’élève. D’autre part, c’est une semaine un peu fatiguante car les élèves font travailler leurs têtes pour trouver la solution à chaque problème et parfois les situations sont au-dessus de leur résolution, c’est-à-dire très difficile.

 Personnellement, je pense que c’est une bonne chose d’évaluer l’élève sur ces compétences pour bien savoir s’il les a acquis ou pas, mais j’aimerais aussi que les maîtres (ses) des classes expérimentales soient encore un peu plus aidées à l’avenir c’est-à-dire pédagogiquement et matériellement.

Kadra. Ambouli 1

N°5
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Approche par les Compétences

 

Le point de vue d’une équipe d’expérimentateurs

 Nous voici au terme d’une année scolaire au cours de laquelle l’introduction d’une nouvelle conception de l’Enseignement – apprentissage aura suscité bien de débats au sein de l’équipe pédagogique. Débats houleux, vous l’imaginez bien, tant il est difficile pour des professionnels – à fortiori chez les enseignants – d’adhérer à de quelconques changements qui viendraient perturber leur manière de «faire la classe» fusent-ils justifiées ! Certains d’entre nous, très sceptiques de tenter l’aventure, ont même manifesté les premiers jours, des sentiments projet du rejet ! Toutefois, les concertations entre collègues et les nombreuses rencontres avec les concepteurs et les équipes d’encadrement ont eu raison de cette «peur», peut-être légitime, mais pour le moins injustifiée !

 Notre propos n’est pas ici de dresser un bilan détaillé de l’expérimentation. une telle ambition serait irréaliste de notre part. Nous tenterons donc dans les lignes qui suivent, de nous intéresser à quelques aspects des événements vécus au cours de cette année expérimentale.

Les apprentissages ponctuels :

 Il va sans dire que sur le plan de la planification, les apprentissages ponctuels se fondent sur une vision plus cohérente dans la mesure où l’enseignant perçoit mieux et à l’avance les compétences à développer chez les élèves en fin de module. Il semble, en revanche, que la conduite de ces apprentissages conformément à l’esprit de l’Approche par les Compétences a été insuffisamment évoquée lors des séances de formation. Nous souhaiterions donc obtenir plus de clarification à ce sujet.

 Les semaines d’intégration et d’évaluation :

 Les temps d’arrêt que constituent les semaines d’intégration et d’évaluation revêtent une importance toute particulière dans l’exercice de notre métier, en ce sens qu’elles rendent possible aux élèves de consolider leurs acquis et aux maîtres de placer les enfants en situation de mobiliser les savoirs et savoirs-faire des contenus du module et de les tester pour mieux organiser les remédiations éventuelles à prévoir. Cependant, il nous semble souhaitable de proposer aux enfants des situations nouvelles et significatives à la fois dans leur contenu et dans leur forme de présentation.

 En Mathématiques, certains dessins nous ont posé quelques problèmes de lisibilité. Il y a lieu de se prémunir de toute ambiguïté dans ce domaine afin d’éviter chez l’élève les risques de confusion dans la résolution des situations-problèmes.

 EPS

 L’évaluation individuelle des enfants dans ce domaine nous paraît difficilement réalisable compte tenu du nombre élevé d’élèves par classe et du temps limité imparti à cette discipline. En ce qui concerne les situations proposées, nous pensons que le niveau de complexité pourrait être augmenté.

 EMT

 Beaucoup d’élèves arrivent à l’école sans expérience de « pré scolaire ». Il serait plus réaliste de proposer (surtout en début d ‘année) des situations moins complexes dans l’utilisation de « l’espace feuille » et de la peinture.

 En conclusion, la prise en charge de l’expérimentation nous a appris – en tant qu’équipe pédagogique – de mieux collaborer entre collègues et de sentir plus «utiles » dans l’aide à l’apprentissage. Le nouvel esprit dans lequel les enfants sont évalués nous semble plus en adéquation avec les acquisitions et les points de remédiation. L’approche par les compétences apporte certes un mieux à la fois aux enseignants, mais également aux parents qui se sont montrés plus confiants.

Néanmoins, la mise en place d’une telle approche nécessite l’environnement dans lequel se passe l’apprentissage ne soit pas oublié, car sa réussite sera fortement tributaire de l’appui en matériel(surtout consommable) que les pouvoirs publics voudront bien mettre à la disposition des enseignants !

 

Enseignants expérimentateurs
Ecole Annexe II

 

 N°6
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MENU DE L’ANNEE 2001/2002

 Nous voici arrivés au mois de Mai où prend fin l’année scolaire 2001/2002, jetons donc un regard en arrière pour apprécier les changements qu’ont connu les programmes de certaines classes de notre pays.

 Certes tous les petits djiboutiens qui ont pris chemin de l’école pour la première fois n’ont pas eu la chance de déguster le menu de l’année, mais une poignée d’élèves dans une cinquantaine de classes dites expérimentales réparties dans l’ensemble du pays ont eu le privilège de découvrir avant leurs égaux les nouveautés apportés aux programmes pratiqués dans nos classes.

 Les enseignants après avoir été formés et informés ont pris conscience qu’il fallait modifier leur mode d’enseignement cette année.

 Munis de courage et de bonne volonté, nos praticiens ont affronté la nouvelle approche par les compétences, nouvelle lumière pour rendre nos petits djiboutiens plus compétents. Cette nouvelle approche qui répond aux objectifs des recommandations des Etats Généraux de l’Education Nationale a été mise en pratique

 Donc,

            Que peut-on dire de cette nouvelle recette, l’approche par les compétences ?

            Comment l’enseignant s’en est-il approprié ?

            Est-elle fructueuse pour l’apprenant ?

 En effet comme on a pu le constater, les programmes dans les classes de première année n’ont pas été  complètement reformés. Les apprentissages spécifiques c’est à dire l’acquisition des savoirs et de savoir-faire étaient bien au rendez-vous comme à l’accoutumée. Mais des semaines d’intégration qui sont au nombre de cinq suivies de remédiation à deux reprises ont été inclues dans la répartition annuelle du programme. La nouveauté réside également dans le fait que l’enseignant ne se contente plus de dispenser des savoirs mais plutôt conduit les apprentissages dans l’optique de préparer les élèves à mieux les intégrer pour résoudre des situations complexes de la vie courante.

 Dés lors, on peut apprécier dans cette nouvelle approche la valeur qu’elle donne aux apprentissages et la prise en compte de l’aboutissement et du réinvestissement pratique d’acquis.

 Négligence et nonchalance n’avaient point leur place. L’esprit d’équipe et d’entraide a prévalu au sein de l’école.

 Dynamiques et consciencieux, les enseignants ont pu supporter l’ampleur  des exigences de la démarche d’intégration, d’où la création et l’élaboration de situations significatives et complexes tout en respectant les paramètres exigés.

 Les enfants avides d’apprendre participent avec enthousiasme au changement de rythme et aux activités nouvelles qui leurs sont proposées.

 La première semaine d’intégration étai un vrai casse tête pour les enseignants et les élèves mais petit à petit tout est rentré dans l’habituel avec l’appui des efforts considérables menés par l’équipe du CRIPEN.

 En effet, l’apport de cette nouvelle démarche est tangible. Le niveau des élèves s’est très nettement amélioré : les petits arrivent à lire aisément un petit paragraphe et à produire des phrases, chose rare auparavant.

 Enfin la phase d’expérimentation étant achevée, faisant face à l’avenir et à la généralisation de cette nouvelle approche.

 Pour relever ce défi majeur, il faudra bien préparer le terrain et permettre aux élèves et enseignants de jumeler leurs efforts dans des bonnes conditions.

 Pour cela il faudra :

2        Permettre aux enseignants de mieux s’approprier ce nouveau outil,

2        Soutenir les enseignants dans cette nouvelle pratique

2        Prévoir tous les moyens nécessaires (planche murales, livret de situations d’intégration, carnet d’évaluation)

2        Servir les écoles en machines, alcools et rames de papiers.

La conseillère pédagogique
Mme RAHMA MOHAMED HERSI

 

N°7
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IMPRESSION SUR L’INTEGRATION

 L’intégration est rentable pour l’élève puisque nous l’aidons à réutiliser son apprentissage dans des situations de la vie courante. L’enfant sent qu’il apprend pour un but et non pour le plaisir d’intérioriser

 L’intégration lie les apprentissages  au fonctionnement dans la vie de tous les jours.

Mais les inconvénients sont multiples

            Manque de matériel pour l’EPS (3e compétence)

            Temps de préparation et de correction

            L’analyse de l’évaluation pour réaliser la remédiation est trop hâtive

            Les animations sont rares, les informations manquent

 Comme matériel

-         Prévoir des planches murales pour l’intégration

-         Livret de l’élève au lieu de gaspiller des feuilles blanches

-         Le carnet : sensibiliser les parents.

 REPONSES DES ENSEIGNANTS

 Réponse 1 :

 L’approche par les compétences n’est pas comme vous le pensez une approche destinée uniquement pour les pays pauvres. Elle ne creuse pas non plus l’écart entre les élèves issues de milieux sociaux différents. 

Au contraire , l’Approche par les compétences est préconisé pour résoudre les problèmes d’efficacité interne et d’équité des systèmes éducatifs en général et ceux des pays en voie de développement en particulier. Cette méthode s’attache à réduire les déparités non seulement  entre les élèves issues de classes sociales différentes mais aussi ceux des zones rurales et urbaines. On ne peut pas non plus soutenir  que c’est une approche pour les pays pauvres dans la mesure où plusieurs pays du Nord dont le Québec, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse ont choisi l’implantation d’une approche par les compétences dans leurs écoles et ont remis leurs programmes d’étude pour adopter un curriculum axé sur les compétences. 

Sur le continent , la Tunisie depuis 6ans déjà, la Mauritanie, Djibouti et bien d’autres pays ont tout aussi entrepris cette réforme curriculaire  sur les compétences.

L’objectif de tout ce dispositif est de réorganiser les apprentissages en ciblant  d’avantage l’essentiel afin de le rendre plus pertinent, mais encore garantir l’équité entre les apprenants en développant des compétences de base, chez tous, compétences qui pourront être  renforcées de compétences de perfectionnement à partir de l’enseignement moyen.

 Réponse 2

 Cette question qui touche à la formation est très importante dans la mesure où elle pose de place de la formation des enseignants dans la réforme curriculaire. Tout d’abord, le curriculum par définition est un plan d’études pour l’apprenant et un plan de formation pour l’enseignant. Le curriculum prend donc en compte le rôle de l’enseignant ou du formateur dans l’accompagnement de l’apprenant dans la construction de ses propres compétences

 C’est l’enseignant qui réorganise les apprentissages, qui donne du sens à ceux-ci, qui évolue, qui apporte les remédiassions.

 Ensuite, pour rendre l’enseignant capable d’effectuer ces types de taches liées à sa profession, il s’agit de mettre en place une formation appropriée. Cela veut dire qu’il importe d’établir un référentiel adapté à cette nouvelle mission au niveau de la formation initiale. On peut citer ici la réécriture du référentiel de l’élève maître qui s’est déroulée au CFPEN en Avril 2002 qui est un exemple concret de plus de formation.

D’autre part, au niveau de la formation continue, pour accompagner l’expérimentation du nouveau curriculum de l’enseignement de base, un module de formation a été conçu et cette expérience a permis aux enseignants de s’imprégner de l’approche et je pense que ces deux expériences que je viens de citer pourraient être poursuivies dans l’enseignement moyen et notamment lors de l’expérimentation de la 6e année.

  

TOURNEES DE SENSIBILISATION DANS LE LYCEE ET COLLEGES DE LACAPITALE

 

QUESTIONS/REPONSES

 Q1 : Quelles sont les finalités du système éducatif djiboutien ?

 R1 : Comme le prévoit la loi d’orientation n°96/AN/OO/4e L du 10 Août 2000 « la finalité du système éducatif est de rendre les djiboutiens capables de contribuer au développement économique social et culturel du pays.

Le système éducatif prépare l’enfant à être utile à la nation en lui procurant des connaissances le rendant capable à la fin d’un cycle d’études de comprendre les réalités propres à son environnement social.

L’éducation doit être complète. Elle vise le développement des capacités intellectuelles, physiques et morales. L’amélioration de la formation en vue d’une insertion sociale et professionnelle et le plein exercice de la citoyenneté.

Telle est la finalité de l’école djiboutienne, à ne pas confondre avec les finalités propres à chaque discipline.

 Q2 : Quels sont les modes d’évaluation(entrée en 6e, BEPC), quel type d’examen ?

 R2 : Il est clair qu’on ne peut réformer des programmes, changer de méthodologies pédagogiques sans reconfigurer les examens terminaux de chaque ordre d’enseignement. Il faut donc revoir la fonction et l’utilité de chaque type d’examen.

Le concours d’entrée en 6e actuel sera progressivement supprimé et remplacé par un test d’orientation permettant aux élèves de fin de cinquième année de base d’aller soit vers le cycle d’enseignement moyen général, soit vers le cycle de l’enseignement technique et professionnel. Rappelons que la loi d’orientation prévoit tout un chapitre (chapitre IV) sur les modalités d’évaluation des apprentissages. Les examens changeront également de terminologie. Nous aurons le CFEB( Certificat de fin d’études de base) qui sanctionne l’enseignement primaire, le BEF (Brevet d’enseignement fondamental) qui sanctionne la filière générale et le CAP(certificat d’apprentissage et de perfectionnement) qui sanctionne la filière professionnelle. Tous ces examens seront revus et conçus selon la nouvelle approche par les compétences et ce de façon graduelle.

 Q3 : Pratique de la langue arabe dans une classe à effectif pléthorique ?

 R3 : Actuellement, l’effectif élève au collège varie entre 40 et 50 élèves par classe, ce n’est pas énorme si on le compare avec les autres pays africains. Il est vrai que l’effectif élève par classe est un facteur important à prendre en considération si l’on vise la qualité des apprentissages, mais il n’est pas le seul paramètre dont il faut tenir compte. Il conviendra de voir :

             Les contenus de programmes à enseigner

            Les supports pédagogiques et didactiques

            Les méthodologies qui sous tendent les apprentissages

            Les compétences de l’enseignement en tant que pédagogue et éducateur etc…

 Un enseignant bien formé, de bonne volonté, qui aime son métier pourra faire parler le maximum d’élèves au cours d’une séance donnée. Le tout étant de préparer à l’avance les cours et de bien gérer le temps imparti. L’enseignant qui passe son temps à parler plus que les élèves ou à la place des places n’est pas un bon pédagogue.

Même si le volume horaire de l’enseignement de l’Arabe dans les collèges  est actuellement réduit, les occasions pour faire s’exprimer les élèves existent toujours. 

Q4 : Pourquoi l’arabe n’est pas une langue d’enseignement ?

 R4 : La langue arabe est une langue officielle du pays avec le français. Le développement de la langue arabe a été très fortement souligné lors des assises des Etats Généraux et la loi d’orientation parle d’une introduction précoce de l’enseignement de l’arabe à partir de la 3ème année du primaire dés la rentrée scolaire 2003/2004.On parle également de l’introduction des langues nationales (afar, somalie) dans le système éducatif. L’arabe reste l’heure une langue enseignée et non d’enseignement avec toutefois une nouvelle discipline qui le soutien qui est l’enseignement de l’éducation islamique .

  

NOS ECOLES A L’HEURE DES COMPETENCES

 

I- Préambule

 Après le temps de réflexion qu’ont été les Etats Généraux, voici venu le moment de la concrétisation et de l’action.

Organisation structurelle et réformes pédagogiques arrivent à point nommé pour innover notre système éducatif.

La recherche de l’efficacité et l’amélioration des performances de nos élèves ont certes prévalu au choix de cette nouvelle approche qui ne manque pas de pertinence dans ses principes mais également dans les objectifs visés c’est dire « aider nos élèves à développer des compétences à l’école ».

 Une évolution pourrait-on dire à défaut d’une révolution.

 II- Les actions

Avec les outils élaborés dans les ateliers du CRIPEN, une cinquantaine d’enseignants qui ont bénéficié d’une formation, ont eu la responsabilité de mettre en pratique cette méthode dans une dizaine d’écoles.

 Dans ses missions rénovées le rôle de l’enseignant se trouve modifié, il ne peut plus se contenter de transmettre mais plutôt élaborer et gérer des séquences d’apprentissage dans lesquelles les élèves sont confrontés à des situations nouvelles.

Désormais, l’intégration des acquis est au cœur de leur préoccupation.

 Les premiers utilisateurs et consommateurs(les élèves) ont travaillé sous les regards de ses visiteurs qui violèrent régulièrement leur intimité pédagogique pendant des semaines d’intégration.

 Acquisition ponctuelle, intégration et remèdiation se sont succédés au rythme d’un emploi du temps bien harmonisé, sans oublier l’évaluation avec ses laborieux carnets souvent décriés par nos praticiens qui ont eu le courage de supporter pression et tension durant les visites avec leurs corollaires de conseils ou autres recommandations.

 Pour soutenir les nouvelles exigences qui demandaient plus de temps et d’énergie, les enseignants se sont vite constitué en équipe (comme à l’école d’Ambouli 1) pour réfléchir, analyser et mettre au point des stratégies. Cet esprit d’équipe a peu à peu, pris corps et âme et démontre si besoin était la capacité de mobilisation de nos enseignants.

 Les conseillers pédagogiques et Inspecteurs se sont relayés dans des visites mieux synchroniser par la suite, pour suivre cette expérimentation recueillir les informations et donner leurs impressions tout au long .

 III-REACTIONS

 Au terme de cette période enrichissante en formation, informations et échanges, les soucis ne manquent pas et des questions bien réelles.

Les compétences pourront-elles être bien digérées ?

Nos enseignants sauront-ils s’adapter pour enfin adopter cet outil ?

Les résultats en performance seront –ils au rendez-vous ?

Les moyens seront-ils à la hauteur de ce changement en profondeur ?

Sérénité et objectivité auront-ils toujours leur place dans le cabine des pilotes ?

De la réponse donner à ces interrogations dépendra bien sur le succès de cette entreprise.

 Pour cela :

            Coordonner les actions et conjuguer les efforts

            Planifier et programmer les échéances

            Prévenir les obstacles et prévoir des solutions

            Etre à l’écoute et prendre en compte les échos aussi désobligeants soient-ils parfois ?

             Constituer une équipe chargée du suivi à défaut de toute autre mission…

            Renforcer la formation et faciliter l’information et l’échange entre tous les partenaires

            Elaborer les manuels

            Soutenir les écoles dans leurs besoins essentiels

            Mettre en place le pré-scolaire afin d’amortir les inégalités

 IV- Conclusions

Les compétences dont nous nous sommes épris à ce prix entre autres et il revient à nous tous (concepteurs, praticiens, pilotes, parents…) de relever ce défi si crucial pour notre avenir, sans négligence et encore moins indifférence et la généralisation qui s’annonce sera notre première épreuve.

 « Tout trajet commence toujours par un premier pas » dit Lao Tsu et cette première étape étant franchie, il reste à soutenir cette longue marche  sans souffler ou pire encore s’essouffler en chemin.

 Inspecteur de Djibouti 3
ALI ABDI ADEN

  

UNE NOUVELLE STRUCTURE DE 9 ANS

 Depuis les Etats Généraux de l’Education , le Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur a entrepris une vaste reforme du système éducatif . La loi d’orientation promulgue une structure modifiée pour le système éducatif avec pour l’école fondamentale un enseignement de 9 années d’étude obligatoire pour les enfants de 6-16ans

 Dans cette nouvelle configuration s’intègre l’enseignement de base qui comprend le primaire une durée de 5 ans et le pré-scolaire facultatif de 2 ans. Pour ce dernier type d’enseignement, le Ministère a prévu déjà la création d’un cadre pédagogique approprié(une inspectrice , une conseillère pédagogique et une directrice).La construction des infrastructures suivront la mise en place de ce dispositif.

L’ex-collège intitulé enseignement moyen s’intègre également dans cette nouvelle structure . Il s’agit en fait de ne pas considérer le primaire d’un côté et les collèges de l’autre ,mais une structure unique dite fondamentale avec un programme continu où les objectifs d’enseignement sont exprimés en terme d’OTI, de compétences de base de situations d’intégration. Une autre nouveauté, ce que l’enseignement moyen comporte deux voies l’une générale et l’autre professionnelle.

 Cette structure est prometteuse puisqu’elle vise la rétention des élèves dans le cursus scolaire avec une méthode pédagogique moderne basée sur une approche dite par les compétences centrées sur l’apprenant et qui exige de l’enseignant un énorme effort de réajustement. Ce dernier devra également se soucier de la réussite des apprentissages pour le plus grand nombre d’élèves .

 Les efforts consentis par le MENESUP sont également significatifs à travers la création des salles de classe supplémentaire pour permettre à tous les enfants l’accès équitable à une éducation de qualité . Le plan prévoit aussi la réduction des disparités selon le genre d’ici la fin du plan 2005 et d’atteindre un taux de scolarisation de 100% à l’horizon 2015. La durée des enseignements fondamentaux et secondaires va passer de 30 à 32 semaines effectives de cours.

 Le Directeur du CRIPEN
M. HAMID MOHAMED ADEN

Vous pouvez aussi voir l'article pour la réforme BEN-1
  

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