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Point
de vue sur la Réforme
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N°1
Le monde dans lequel nous vivons est en perpétuel
changement. Tout bouge et évolue sans cesse. En un peu plus d’un siècle
jamais inégalé, dans le domaine de la recherche scientifique et technique le
progrès a tellement rapproché les hommes que l’on parle actuellement de «village
planétaire». Depuis la nuit des temps l’homme se soucie de l’amélioration
de son existence ceci est vrai également dans l’acquisition du savoir qui a
évolué depuis l’invention de l’écriture par les Sumériens en Mésopotamie.
La vision actuelle de notre monde découle de l’aboutissement naturel de ce
lent cheminement amorcé voici des siècles. En matière d’apprentissage des méthodes
d’enseignement ont été mise au point, étudiées, discutées, améliorées,
souvent remises en cause, toujours orientées vers un idéal de perfectionnement
hélas jamais atteint.
C’est
dans cet esprit d’innovation que s’est tenue à Djibouti une conférence
dans laquelle les autorités politiques, les techniciens de l’Education, les
représentants de la société civile se sont portés au chevet de l’école
Djiboutienne dans l’optique de mieux cerner les grands problèmes auxquels
elle est confrontée et d’établir un diagnostique salvateur.
Ceci
explique tout naturellement la mise en place progressive d’une grande réforme
amorcée sur les recommandations émanant des Etats Généraux de l’Education.
Au-delà
des termes nouveaux proposés (Enseignement de Base, Fondamental, etc..).
C’est surtout l’introduction cette année dans certaines écoles plus précisément
en 1ère année de base de la méthode dite l’Approche par les Compétences
qui retient l’attention.
Cette
approche, comme l’indique son nom, vise à former des citoyens compétents,
dynamiques, fiers de leurs cultures, soucieux de leur environnement et maîtrisant
un certain nombre de compétences exprimées à travers des savoirs, des
attitudes, des aptitudes en vue de participer pleinement au développement de
leur pays.
En
se gardant de tout critique stérile, on peut néanmoins mettre en exergue ce
qui se pratique derrière les murs de nos écoles et qui consiste à
l’enseignement d’un certain nombre de nations pour chaque niveau et contenus
dans le programme annuel défini par les OPIP, sans trop se soucier de l’intégration
effective et mesurable des compétences à faire acquérir par les élèves. Par
opposition, l’approche par les compétences privilégié naturellement une
volonté constante de faire souvent le point ,de rechercher des repères. L’évaluation
des acquis et surtout la remédiation des lacunes devront être les maîtres
mots de la nouvelle méthode qui sera généralisée progressivement à
l’enseignement de base. Cela impliquera forcément de la part des
enseignements une prise de conscience sur l’enjeu de cette réforme, demandera
aussi de leur part une certaine abnégation, de l’énergie supplémentaire, de
la patience enfin pour gagner la bataille contre l’échec scolaire.
Par
ailleurs, en vue de garantir ce succès le personnel de l’encadrement devra
doubler d’effort pour soutenir et accompagner les hommes et les femmes chargées
de la noble tâche d’éduquer les futurs citoyens et citoyennes de la République
de Djibouti. Ensemble on pourra relever ce grand défi et redonner confiance à
la société pour son système éducatif.
Houssein barreh
Conseiller
Pédagogique Dj 1
N°2
______
L’année
scolaire 2001/2002 qui touche à sa fin emportant avec elle bien des questions
qui se posaient dans les écoles : «Qu’est-ce l’intégration ?
Qu’est-ce qui changera dans nos pratiques actuelles ? Qu’est-ce qui
restera ? En un mot, qu’est-ce l’Approche par les Compétences ?»
Ces
questions ont quand même obtenues des réponses tout au moins dans les écoles
composant le champ expérimental de première année. En effet, cette année
ayant fait l’objet d’expérimentation dans les classes, d’animations pédagogiques,
de suivi, de réunions d’expérimentateurs a permis de mettre en exergue
d’une part plusieurs obstacles rencontrés par les enseignants dans la mise en
place des activités d’intégration et d’autre part d’observer et
d’analyser le poids de l’apport de cette approche à l’existant. Les premières
semaines d’intégration ont certes été assez difficiles à mettre en place
de part leur nouveauté et la complexité de la tâche par contre, les réflexions
et le travail d’équipe ont permis d’apporter les solutions adéquates pour
mieux tirer profit de cette phase expérimentale.
Par
ailleurs, le fait qu’un bon nombre d’élèves présentait des difficultés
pour réinvestir leurs acquis pendant les semaines d’intégration a permis la
mise en place d’une réflexion sur les modalités des apprentissages ponctuels
qui se faisaient certes régulièrement mais parfois de manière incorrecte. Des
pistes de travail, des attitudes à adopter, des techniques et stratégies
nouvelles à mettre en œuvre ont été dégagées pour mener pertinemment et
objectivement les apprentissages futurs des élèves.
D’ailleurs,
les enseignants ont fini par connaître l’importance de la mise en place
d’activités intégratrices et ont déterminé leur impact sur le processus
d’apprentissage Toutefois la difficulté sévit encore dans les activités de
remédiation où le vrai sens du terme reste un peu confus.
Voici
donc, pour conclure, quelques réponses émanant d’enseignants expérimentateurs :
Les
élèves arrivent à lire un petit texte, à écrire une phrase, à utiliser à
l’écrit les notions d’espaces ce qui n’était pas le cas jusqu’ici où
l’emploi des mots se limitait à l’oral car maintenant les élèves
manipulent les mots dans des situations.
Les
élèves se sont familiarisés avec de nouveaux types d’exercices en lecture
et en mathématiques ce qui leur a montré que les activités en classe peuvent
être variées et motivantes. Et la complexité des situations les a habitués
progressivement à l’effort tant intellectuel que gestuel.
L’équipe des expérimentatrices de Ambouli 2
N°3
________
La nouvelle méthode, l’Approche par les Compétences,
permet à l’enfant et l’enseignant de s’assurer l’ampleur de
l’enseignement reçu ou dispensé. La plus grande particularité de cette méthode
demeure sur les semaines d’intégration qui d’après la programmation,
arrivent à la fin de la 5ème semaine, la 11ème, 17ème,
23ème.
Tout au long de cette semaine, l’élève est appelé à
s’entraîner pour résoudre des situations-problèmes nouvelles et complexes
et signifiantes qui nécessitent la combinaison de ses apprentissages
ponctuelles.
La semaine s’est répartie comme suivant :
Les 4 premiers jours sont destinés à l’intégration
des acquis : donc entraînement à la résolution des situations d’intégration.
Les 2 derniers jours sont laissés à l’évaluation de
l’intégration proprement dite (la compétence sollicitée est acquise, en
voie d’acquisition ou non acquise).
A la lumière de ces semaines ressortiront un constat qui
appellera à une remédiation. D’où deux semaines de remédiation couronnent
le processus. Ils arrivent après la 2ème et la 4ème
semaine d’intégration (l’enseignant prépare
des situations de remédiation appropriés, répondant à l’attente des élèves).
Le succès de la nouvelle méthode, l’Approche par les
Compétences, repose sur 3 points essentiels :
1.
L’engagement
total de l’équipe pédagogique (c’est-à-dire enseignants, directeurs +
l’équipe de ‘encadrement) pour un suivi pointu, soutenu par un écoute
attentif et permanent
2.
L’effectif
du groupe classe ne doit pas excéder + 40
3.
La
disponibilité des matériels
-
Documentation
pour l’équipe pédagogique
-
Matériels
collectifs (tableau- planches- situations de lecture agrandies- machine à
alcool, rames de papiers – carton)
-
Manuels élèves
(didactiques)
Le
directeur de Ambouli 1
N°4
_______
Expérimentation 2001/2002
Semaine
d’intégration :
Pour
les élèves, c’est une semaine pas comme les autres car il y a interruption
total des apprentissages. Dans cette semaine l’élève est le seul face à des
exercices ou situations problèmes plus complexes que d’habitude sur
lesquelles les exercices étaient en directe avec la leçon du jour, mais dans
la semaine d’intégration, c’est les acquis de tout le dossier qui sont évoqués
et mis à la disposition de l’élève. D’autre part, c’est une semaine un
peu fatiguante car les élèves font travailler leurs têtes pour trouver la
solution à chaque problème et parfois les situations sont au-dessus de leur résolution,
c’est-à-dire très difficile.
Personnellement,
je pense que c’est une bonne chose d’évaluer l’élève sur ces compétences
pour bien savoir s’il les a acquis ou pas, mais j’aimerais aussi que les maîtres
(ses) des classes expérimentales soient encore un peu plus aidées à
l’avenir c’est-à-dire pédagogiquement et matériellement.
Kadra. Ambouli 1
N°5
__________
Approche par les Compétences
Le point de vue d’une équipe d’expérimentateurs
Nous
voici au terme d’une année scolaire au cours de laquelle l’introduction
d’une nouvelle conception de l’Enseignement – apprentissage aura suscité
bien de débats au sein de l’équipe pédagogique. Débats houleux, vous
l’imaginez bien, tant il est difficile pour des professionnels – à fortiori
chez les enseignants – d’adhérer à de quelconques changements qui
viendraient perturber leur manière de «faire la classe» fusent-ils justifiées !
Certains d’entre nous, très sceptiques de tenter l’aventure, ont même
manifesté les premiers jours, des sentiments projet du rejet ! Toutefois,
les concertations entre collègues et les nombreuses rencontres avec les
concepteurs et les équipes d’encadrement ont eu raison de cette «peur»,
peut-être légitime, mais pour le moins injustifiée !
Notre
propos n’est pas ici de dresser un bilan détaillé de l’expérimentation.
une telle ambition serait irréaliste de notre part. Nous tenterons donc dans
les lignes qui suivent, de nous intéresser à quelques aspects des événements
vécus au cours de cette année expérimentale.
Les
apprentissages ponctuels :
Il
va sans dire que sur le plan de la planification, les apprentissages ponctuels
se fondent sur une vision plus cohérente dans la mesure où l’enseignant perçoit
mieux et à l’avance les compétences à développer chez les élèves en fin
de module. Il semble, en revanche, que la conduite de ces apprentissages conformément
à l’esprit de l’Approche par les Compétences a été insuffisamment évoquée
lors des séances de formation. Nous souhaiterions donc obtenir plus de
clarification à ce sujet.
Les
semaines d’intégration et d’évaluation :
Les
temps d’arrêt que constituent les semaines d’intégration et d’évaluation
revêtent une importance toute particulière dans l’exercice de notre métier,
en ce sens qu’elles rendent possible aux élèves de consolider leurs acquis
et aux maîtres de placer les enfants en situation de mobiliser les savoirs et
savoirs-faire des contenus du module et de les tester pour mieux organiser les
remédiations éventuelles à prévoir. Cependant, il nous semble souhaitable de
proposer aux enfants des situations nouvelles et significatives à la fois dans
leur contenu et dans leur forme de présentation.
En
Mathématiques, certains dessins nous ont posé quelques problèmes de lisibilité.
Il y a lieu de se prémunir de toute ambiguïté dans ce domaine afin d’éviter
chez l’élève les risques de confusion dans la résolution des
situations-problèmes.
EPS
L’évaluation
individuelle des enfants dans ce domaine nous paraît difficilement réalisable
compte tenu du nombre élevé d’élèves par classe et du temps limité
imparti à cette discipline. En ce qui concerne les situations proposées, nous
pensons que le niveau de complexité pourrait être augmenté.
EMT
Beaucoup
d’élèves arrivent à l’école sans expérience de « pré scolaire ».
Il serait plus réaliste de proposer (surtout en début d ‘année) des
situations moins complexes dans l’utilisation de « l’espace feuille »
et de la peinture.
En
conclusion, la prise en charge de l’expérimentation nous a appris – en tant
qu’équipe pédagogique – de mieux collaborer entre collègues et de sentir
plus «utiles » dans l’aide à l’apprentissage. Le nouvel esprit dans
lequel les enfants sont évalués nous semble plus en adéquation avec les
acquisitions et les points de remédiation. L’approche par les compétences
apporte certes un mieux à la fois aux enseignants, mais également aux parents
qui se sont montrés plus confiants.
Néanmoins,
la mise en place d’une telle approche nécessite l’environnement dans lequel
se passe l’apprentissage ne soit pas oublié, car sa réussite sera fortement
tributaire de l’appui en matériel(surtout consommable) que les pouvoirs
publics voudront bien mettre à la disposition des enseignants !
Enseignants expérimentateurs
Ecole Annexe II
N°6
__________
MENU DE L’ANNEE 2001/2002
Nous
voici arrivés au mois de Mai où prend fin l’année scolaire 2001/2002,
jetons donc un regard en arrière pour apprécier les changements qu’ont connu
les programmes de certaines classes de notre pays.
Certes
tous les petits djiboutiens qui ont pris chemin de l’école pour la première
fois n’ont pas eu la chance de déguster le menu de l’année, mais une poignée
d’élèves dans une cinquantaine de classes dites expérimentales réparties
dans l’ensemble du pays ont eu le privilège de découvrir avant leurs égaux
les nouveautés apportés aux programmes pratiqués dans nos classes.
Les
enseignants après avoir été formés et informés ont pris conscience qu’il
fallait modifier leur mode d’enseignement cette année.
Munis
de courage et de bonne volonté, nos praticiens ont affronté la nouvelle
approche par les compétences, nouvelle lumière pour rendre nos petits
djiboutiens plus compétents. Cette nouvelle approche qui répond aux objectifs
des recommandations des Etats Généraux de l’Education Nationale a été mise
en pratique
Donc,
Que peut-on dire de cette nouvelle recette, l’approche par les compétences ?
Comment l’enseignant s’en est-il approprié ?
Est-elle fructueuse pour l’apprenant ?
En
effet comme on a pu le constater, les programmes dans les classes de première
année n’ont pas été complètement
reformés. Les apprentissages spécifiques c’est à dire l’acquisition des
savoirs et de savoir-faire étaient bien au rendez-vous comme à l’accoutumée.
Mais des semaines d’intégration qui sont au nombre de cinq suivies de remédiation
à deux reprises ont été inclues dans la répartition annuelle du programme.
La nouveauté réside également dans le fait que l’enseignant ne se contente
plus de dispenser des savoirs mais plutôt conduit les apprentissages dans
l’optique de préparer les élèves à mieux les intégrer pour résoudre des
situations complexes de la vie courante.
Dés
lors, on peut apprécier dans cette nouvelle approche la valeur qu’elle donne
aux apprentissages et la prise en compte de l’aboutissement et du réinvestissement
pratique d’acquis.
Négligence
et nonchalance n’avaient point leur place. L’esprit d’équipe et
d’entraide a prévalu au sein de l’école.
Dynamiques
et consciencieux, les enseignants ont pu supporter l’ampleur
des exigences de la démarche d’intégration, d’où la création et
l’élaboration de situations significatives et complexes tout en respectant
les paramètres exigés.
Les
enfants avides d’apprendre participent avec enthousiasme au changement de
rythme et aux activités nouvelles qui leurs sont proposées.
La
première semaine d’intégration étai un vrai casse tête pour les
enseignants et les élèves mais petit à petit tout est rentré dans
l’habituel avec l’appui des efforts considérables menés par l’équipe du
CRIPEN.
En
effet, l’apport de cette nouvelle démarche est tangible. Le niveau des élèves
s’est très nettement amélioré : les petits arrivent à lire aisément
un petit paragraphe et à produire des phrases, chose rare auparavant.
Enfin
la phase d’expérimentation étant achevée, faisant face à l’avenir et à
la généralisation de cette nouvelle approche.
Pour
relever ce défi majeur, il faudra bien préparer le terrain et permettre aux élèves
et enseignants de jumeler leurs efforts dans des bonnes conditions.
Pour
cela il faudra :
2
Permettre
aux enseignants de mieux s’approprier ce nouveau outil,
2
Soutenir les
enseignants dans cette nouvelle pratique
2
Prévoir
tous les moyens nécessaires (planche murales, livret de situations d’intégration,
carnet d’évaluation)
2
Servir les
écoles en machines, alcools et rames de papiers.
La conseillère pédagogique
Mme RAHMA MOHAMED HERSI
N°7
______
IMPRESSION SUR L’INTEGRATION
L’intégration
est rentable pour l’élève puisque nous l’aidons à réutiliser son
apprentissage dans des situations de la vie courante. L’enfant sent qu’il
apprend pour un but et non pour le plaisir d’intérioriser
L’intégration
lie les apprentissages au
fonctionnement dans la vie de tous les jours.
Mais
les inconvénients sont multiples
Manque de matériel pour l’EPS (3e compétence)
Temps de préparation et de correction
L’analyse de l’évaluation pour réaliser la remédiation est trop hâtive
Les animations sont rares, les informations manquent
Comme
matériel
-
Prévoir des
planches murales pour l’intégration
-
Livret de
l’élève au lieu de gaspiller des feuilles blanches
-
Le carnet :
sensibiliser les parents.
REPONSES DES ENSEIGNANTS
Réponse
1 :
L’approche
par les compétences n’est pas comme vous le pensez une approche destinée
uniquement pour les pays pauvres. Elle ne creuse pas non plus l’écart entre
les élèves issues de milieux sociaux différents.
Au
contraire , l’Approche par les compétences est préconisé pour résoudre les
problèmes d’efficacité interne et d’équité des systèmes éducatifs en général
et ceux des pays en voie de développement en particulier. Cette méthode
s’attache à réduire les déparités non seulement
entre les élèves issues de classes sociales différentes mais aussi
ceux des zones rurales et urbaines. On ne peut pas non plus soutenir
que c’est une approche pour les pays pauvres dans la mesure où
plusieurs pays du Nord dont le Québec, l’Angleterre, la Belgique, la Suisse
ont choisi l’implantation d’une approche par les compétences dans leurs écoles
et ont remis leurs programmes d’étude pour adopter un curriculum axé sur les
compétences.
Sur
le continent , la Tunisie depuis 6ans déjà, la Mauritanie, Djibouti et bien
d’autres pays ont tout aussi entrepris cette réforme curriculaire
sur les compétences.
L’objectif
de tout ce dispositif est de réorganiser les apprentissages en ciblant
d’avantage l’essentiel afin de le rendre plus pertinent, mais encore
garantir l’équité entre les apprenants en développant des compétences de
base, chez tous, compétences qui pourront être
renforcées de compétences de perfectionnement à partir de
l’enseignement moyen.
Réponse
2
Cette
question qui touche à la formation est très importante dans la mesure où elle
pose de place de la formation des enseignants dans la réforme curriculaire.
Tout d’abord, le curriculum par définition est un plan d’études pour
l’apprenant et un plan de formation pour l’enseignant. Le curriculum prend
donc en compte le rôle de l’enseignant ou du formateur dans
l’accompagnement de l’apprenant dans la construction de ses propres compétences
C’est
l’enseignant qui réorganise les apprentissages, qui donne du sens à ceux-ci,
qui évolue, qui apporte les remédiassions.
Ensuite,
pour rendre l’enseignant capable d’effectuer ces types de taches liées à
sa profession, il s’agit de mettre en place une formation appropriée. Cela
veut dire qu’il importe d’établir un référentiel adapté à cette
nouvelle mission au niveau de la formation initiale. On peut citer ici la réécriture
du référentiel de l’élève maître qui s’est déroulée au CFPEN en Avril
2002 qui est un exemple concret de plus de formation.
D’autre
part, au niveau de la formation continue, pour accompagner l’expérimentation
du nouveau curriculum de l’enseignement de base, un module de formation a été
conçu et cette expérience a permis aux enseignants de s’imprégner de
l’approche et je pense que ces deux expériences que je viens de citer
pourraient être poursuivies dans l’enseignement moyen et notamment lors de
l’expérimentation de la 6e année.
TOURNEES DE SENSIBILISATION DANS LE
LYCEE ET COLLEGES DE
LACAPITALE
QUESTIONS/REPONSES
Q1 :
Quelles sont les finalités du système éducatif djiboutien ?
R1 :
Comme le prévoit la loi d’orientation n°96/AN/OO/4e L du 10 Août
2000 « la finalité du système éducatif est de rendre les
djiboutiens capables de contribuer au développement économique social et
culturel du pays.
Le
système éducatif prépare l’enfant à être utile à la nation en lui
procurant des connaissances le rendant capable à la fin d’un cycle d’études
de comprendre les réalités propres à son environnement social.
L’éducation
doit être complète. Elle vise le développement des capacités
intellectuelles, physiques et morales. L’amélioration de la formation en vue
d’une insertion sociale et professionnelle et le plein exercice de la
citoyenneté.
Telle
est la finalité de l’école djiboutienne, à ne pas confondre avec les
finalités propres à chaque discipline.
Q2 :
Quels sont les modes d’évaluation(entrée en 6e, BEPC), quel type
d’examen ?
R2 :
Il est clair qu’on ne peut réformer des programmes, changer de méthodologies
pédagogiques sans reconfigurer les examens terminaux de chaque ordre
d’enseignement. Il faut donc revoir la fonction et l’utilité de chaque type
d’examen.
Le
concours d’entrée en 6e actuel sera progressivement supprimé et
remplacé par un test d’orientation permettant aux élèves de fin de cinquième
année de base d’aller soit vers le cycle d’enseignement moyen général,
soit vers le cycle de l’enseignement technique et professionnel. Rappelons que
la loi d’orientation prévoit tout un chapitre (chapitre IV) sur les modalités
d’évaluation des apprentissages. Les examens changeront également de
terminologie. Nous aurons le CFEB( Certificat de fin d’études de base) qui
sanctionne l’enseignement primaire, le BEF (Brevet d’enseignement
fondamental) qui sanctionne la filière générale et le CAP(certificat
d’apprentissage et de perfectionnement) qui sanctionne la filière
professionnelle. Tous ces examens seront revus et conçus selon la nouvelle
approche par les compétences et ce de façon graduelle.
Q3 :
Pratique de la langue arabe dans une classe à effectif pléthorique ?
R3 :
Actuellement, l’effectif élève au collège varie entre 40 et 50 élèves par
classe, ce n’est pas énorme si on le compare avec les autres pays africains.
Il est vrai que l’effectif élève par classe est un facteur important à
prendre en considération si l’on vise la qualité des apprentissages, mais il
n’est pas le seul paramètre dont il faut tenir compte. Il conviendra de voir :
Les contenus de programmes à enseigner
Les supports pédagogiques et didactiques
Les méthodologies qui sous tendent les apprentissages
Les compétences de l’enseignement en tant que pédagogue et éducateur
etc…
Un
enseignant bien formé, de bonne volonté, qui aime son métier pourra faire
parler le maximum d’élèves au cours d’une séance donnée. Le tout étant
de préparer à l’avance les cours et de bien gérer le temps imparti.
L’enseignant qui passe son temps à parler plus que les élèves ou à la
place des places n’est pas un bon pédagogue.
Même
si le volume horaire de l’enseignement de l’Arabe dans les collèges
est actuellement réduit, les occasions pour faire s’exprimer les élèves
existent toujours.
Q4 :
Pourquoi l’arabe n’est pas une langue d’enseignement ?
R4 :
La langue arabe est une langue officielle du pays avec le français. Le développement
de la langue arabe a été très fortement souligné lors des assises des Etats
Généraux et la loi d’orientation parle d’une introduction précoce de
l’enseignement de l’arabe à partir de la 3ème année du
primaire dés la rentrée scolaire 2003/2004.On parle également de
l’introduction des langues nationales (afar, somalie) dans le système éducatif.
L’arabe reste l’heure une langue enseignée et non d’enseignement avec
toutefois une nouvelle discipline qui le soutien qui est l’enseignement de
l’éducation islamique .
NOS ECOLES A L’HEURE DES COMPETENCES
I- Préambule
Après
le temps de réflexion qu’ont été les Etats Généraux, voici venu le moment
de la concrétisation et de l’action.
Organisation
structurelle et réformes pédagogiques arrivent à point nommé pour innover
notre système éducatif.
La
recherche de l’efficacité et l’amélioration des performances de nos élèves
ont certes prévalu au choix de cette nouvelle approche qui ne manque pas de
pertinence dans ses principes mais également dans les objectifs visés c’est
dire « aider nos élèves à développer des compétences à l’école ».
Une
évolution pourrait-on dire à défaut d’une révolution.
II-
Les actions
Avec
les outils élaborés dans les ateliers du CRIPEN, une cinquantaine
d’enseignants qui ont bénéficié d’une formation, ont eu la responsabilité
de mettre en pratique cette méthode dans une dizaine d’écoles.
Dans
ses missions rénovées le rôle de l’enseignant se trouve modifié, il ne
peut plus se contenter de transmettre mais plutôt élaborer et gérer des séquences
d’apprentissage dans lesquelles les élèves sont confrontés à des
situations nouvelles.
Désormais,
l’intégration des acquis est au cœur de leur préoccupation.
Les
premiers utilisateurs et consommateurs(les élèves) ont travaillé sous les
regards de ses visiteurs qui violèrent régulièrement leur intimité pédagogique
pendant des semaines d’intégration.
Acquisition
ponctuelle, intégration et remèdiation se sont succédés au rythme d’un
emploi du temps bien harmonisé, sans oublier l’évaluation avec ses laborieux
carnets souvent décriés par nos praticiens qui ont eu le courage de supporter
pression et tension durant les visites avec leurs corollaires de conseils ou
autres recommandations.
Pour
soutenir les nouvelles exigences qui demandaient plus de temps et d’énergie,
les enseignants se sont vite constitué en équipe (comme à l’école d’Ambouli
1) pour réfléchir, analyser et mettre au point des stratégies. Cet esprit
d’équipe a peu à peu, pris corps et âme et démontre si besoin était la
capacité de mobilisation de nos enseignants.
Les
conseillers pédagogiques et Inspecteurs se sont relayés dans des visites mieux
synchroniser par la suite, pour suivre cette expérimentation recueillir les
informations et donner leurs impressions tout au long .
III-REACTIONS
Au
terme de cette période enrichissante en formation, informations et échanges,
les soucis ne manquent pas et des questions bien réelles.
Les
compétences pourront-elles être bien digérées ?
Nos
enseignants sauront-ils s’adapter pour enfin adopter cet outil ?
Les
résultats en performance seront –ils au rendez-vous ?
Les
moyens seront-ils à la hauteur de ce changement en profondeur ?
Sérénité
et objectivité auront-ils toujours leur place dans le cabine des pilotes ?
De
la réponse donner à ces interrogations dépendra bien sur le succès de cette
entreprise.
Pour
cela :
Coordonner les actions et conjuguer les efforts
Planifier et programmer les échéances
Prévenir les obstacles et prévoir des solutions
Etre à l’écoute et prendre en compte les échos aussi désobligeants
soient-ils parfois ?
Constituer une équipe chargée du suivi à défaut de toute autre
mission…
Renforcer la formation et faciliter l’information et l’échange entre
tous les partenaires
Elaborer les manuels
Soutenir les écoles dans leurs besoins essentiels
Mettre en place le pré-scolaire afin d’amortir les inégalités
IV-
Conclusions
Les
compétences dont nous nous sommes épris à ce prix entre autres et il revient
à nous tous (concepteurs, praticiens, pilotes, parents…) de relever ce défi
si crucial pour notre avenir, sans négligence et encore moins indifférence et
la généralisation qui s’annonce sera notre première épreuve.
« Tout
trajet commence toujours par un premier pas » dit Lao Tsu et cette première
étape étant franchie, il reste à soutenir cette longue marche
sans souffler ou pire encore s’essouffler en chemin.
Inspecteur de Djibouti 3
ALI ABDI ADEN
UNE NOUVELLE STRUCTURE DE 9 ANS
Depuis
les Etats Généraux de l’Education , le Ministère de l’Education Nationale
et de l’Enseignement Supérieur a entrepris une vaste reforme du système éducatif
. La loi d’orientation promulgue une structure modifiée pour le système éducatif
avec pour l’école fondamentale un enseignement de 9 années d’étude
obligatoire pour les enfants de 6-16ans
Dans
cette nouvelle configuration s’intègre l’enseignement de base qui comprend
le primaire une durée de 5 ans et le pré-scolaire facultatif de 2 ans. Pour ce
dernier type d’enseignement, le Ministère a prévu déjà la création d’un
cadre pédagogique approprié(une inspectrice , une conseillère pédagogique et
une directrice).La construction des infrastructures suivront la mise en place de
ce dispositif.
L’ex-collège
intitulé enseignement moyen s’intègre également dans cette nouvelle
structure . Il s’agit en fait de ne pas considérer le primaire d’un côté
et les collèges de l’autre ,mais une structure unique dite fondamentale avec
un programme continu où les objectifs d’enseignement sont exprimés en terme
d’OTI, de compétences de base de situations d’intégration. Une autre
nouveauté, ce que l’enseignement moyen comporte deux voies l’une générale
et l’autre professionnelle.
Cette
structure est prometteuse puisqu’elle vise la rétention des élèves dans le
cursus scolaire avec une méthode pédagogique moderne basée sur une approche
dite par les compétences centrées sur l’apprenant et qui exige de
l’enseignant un énorme effort de réajustement. Ce dernier devra également
se soucier de la réussite des apprentissages pour le plus grand nombre d’élèves .
Les
efforts consentis par le MENESUP sont également significatifs à travers la création
des salles de classe supplémentaire pour permettre à tous les enfants l’accès
équitable à une éducation de qualité . Le plan prévoit aussi la réduction
des disparités selon le genre d’ici la fin du plan 2005 et d’atteindre un
taux de scolarisation de 100% à l’horizon 2015. La durée des enseignements
fondamentaux et secondaires va passer de 30 à 32 semaines effectives de cours.
Le Directeur du CRIPEN
M. HAMID
MOHAMED ADEN
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pour la réforme BEN-1
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