Retour à la page d'accueil         N° 28
Editorial Le bon choix Réforme de programme de l'enseignement fondamental

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Vers la mise en place d’une nouvelle école djiboutienne

         Au fil des années, le système éducatif djiboutien, s’est révélé inefficace et inadapté aux attentes d’un pays nouvellement indépendant, désireux de jouer pleinement son rôle et d’avoir sa place au sein de la communauté internationale. En effet, calquée sur des systèmes éducatifs français reposant sur les bases d’un enseignement à la fois encyclopédique, élitiste, et surtout incompatible à nos valeurs socio-culturelles, l’école djiboutienne n’avait aucune chance de réussir sa mission.

         Cette tentative mort-née, très tôt repérée, a conduit, rappelons-le, dès 1988, nos chercheurs à réviser en profondeur les contenus d’apprentissage et les méthodes d’enseignement en vue de les adapter aux réalités socio-culturelles et socio-économiques de l’enfant djiboutien. Ainsi « le filao et le baobab » furent remplacés par « le cabri et le chacal » et la méthode « SGAV » ( structuro-globale audio-visuelle ) abandonnée au profit de la méthode dite « Approches communicatives », le tout donnant naissance à un « Nouvel Ensemble Didactique », plus connu sous le nom du « NED ». Ces nouvelles pratiques pédagogiques et didactiques ont fait l’objet d’une expérimentation suivie d’une généralisation avant d’être introduites dans nos écoles dès 1993.

         Or, à peine nos enseignants ont-ils eu le temps d’assimiler le « NED » et mieux comprendre sa philosophie que l’on parle déjà d’une « Nouvelle Ecole Djiboutienne » et d’une « Nouvelle méthode de travail ». Est-ce dire alors que nos décideurs ignorent où en sont nos praticiens ? Sont-ils devenus tout d’un coup des passionnés  de nouvelles méthodes ? Ou peut-être font-ils uniquement du tapage démagogique, comme le prétendent certains esprits de mauvaises augures ?

Non, pas du tout ! En effet, malgré les changements ponctuels apportés notamment au niveau des contenus d’apprentissage et au niveau de la méthode d’enseignement, il semblerait que notre école est encore loin de proposer une éducation / formation quantitative et qualitative en parfaite adéquation avec les ressources humaines d’un jeune pays dont dépend largement son développement économique et social. C’est surtout ce souci permanent et justifié celui de vouloir mieux dôter de savoirs, de savoir-faire et de savoir-être nos enfants, vecteurs potentiels et garants incontournables du devenir de cette jeune nation, qui a poussé, une fois encore, nos responsables à recibler l’appareil éducatif dans son ensemble. Il fallait donc arriver à asseoir des structures éducatives rénovées et adaptées à la fois aux exigences d’une économie moderne génératrice de croissance durable, et capable de s’intégrer effectivement dans un environnement régional et international placé plus que jamais dans le sillage de la mondialisation. C’est dans cet esprit qu’est née la « Nouvelle Ecole Djiboutienne » construite à l’image de la  «Nouvelle Ecole de Base ». Un projet certes ambitieux, exigeant, mais réaliste et réalisable .

Le coup d’envoi d’un véritable chantier de réflexions et de travaux concertés mobilisant les décideurs, les techniciens, les praticiens et les partenaires de l’école, a été lancé solennellement en Décembre 99 lors des assises des Etats Généraux de l’éducation nationale. Depuis, un travail de taille a été accompli. Entre autres, citons l’application d’une nouvelle loi d’orientation, la réforme des programmes d’enseignement, l’option d’une nouvelle méthode pédagogique, la conception de nombreux manuels didactiques

( guides d’intégration ), la formation des enseignants expérimentateurs etc. ; autant d’œuvres appréciables et louables qui ont vu le jour grâce, d’une part, à l’appui personnel et permanent de son Excellence Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, en l’occurrence M. Abdi Ibrahim Absieh, et d’autre part, au sérieux et dévouement d’une équipe nationale, soulignons-le, qui mérite d’être félicitée.

Mais même si tous ces travaux ont été réalisés et d’autres en cours de réalisation, une question reste toujours posée : qu’ont-ils apporté de nouveau sur le système éducatif djiboutien ? En réponse à cette question deux points essentiels méritent d’être mis en exergue : la loi d’orientation et la nouvelle méthode d’enseignement.

1- Loi d’orientation

         Cette nouvelle loi d’orientation détermine les principes fondamentaux de l’organisation et du fonctionnement du Système Educatif Djiboutien. Les faits marquants dans cette loi se rapportent à l’obligation scolaire de l’enfant djiboutien et au cursus de son apprentissage. Ainsi l’obligation scolaire passe à 9 années au lieu de 6 (l’enseignement est obligatoire de 6 à 16 ans) et le cursus scolaire change sensiblement  de look. Un tableau comparatif permettra de mieux cerner cette nouvelle configuration.

 

 

Anciennes structures

 

 

Nouvelles structures

·              (Inexistant auparavant)

 

 

 

Ø    Enseignement primaire

 

 

 

 

 

Ø    Enseignement

secondaire – 1er cycle

(ou C.E.S)

·       Enseignement fondamental ( obligatoire de 6 à 16 ans),

couvrant :

 

 

Ø    L’enseignement de base (de 4 à 11 ans),

        subdivisé en 2:

- Enseignement préscolaire de 4 à 6 ans (facultatif)

- Enseignement primaire de 6 à 11 ans, comprenant

  2 cycles : - cycle 1, de 2ans (1ère et 2ème année)

                  - cycle 2, de 3ans ( 3ème, 4ème, et 5ème année)

 

Ø    L’enseignement moyen (de 11 à 15 ans),

comprenant les classes de 6ème, 7ème, 8ème, et 9ème

( enseignement général ou à filière professionnelle )

 

·       Enseignement

secondaire – 2ème cycle

( Lycée ou LIC )

 

·       Enseignement secondaire (de 15 à 18 ans)

Il regroupe les classes de 2ème, 1ère, et terminal du lycée d’enseignement général (lycée d’Etat) ou d’enseignement technique (LIC)

·              (Inexistant auparavant)

 

·       Enseignement supérieur (à partir de 18 ans)

2- Méthode d’enseignement

          La reconsidération du système est passée bien entendu par une réécriture des programmes, dès Mars 2001, selon une nouvelle méthode d’enseignement dite « Approche par les compétences » dans la perspective d’un enseignement fondamental de 9 ans, obligatoire pour les enfants de 6 à 16 ans. En quoi consiste-t-elle cette nouvelle approche ?

Cette approche se caractérise par une pédagogie centrée sur l’élève en développant son potentiel, en assurant son autonomie et sa socialisation. C’est une pédagogie qui exige autant la contribution de l’apprenant que celle de l’enseignant. Cette contribution se reflète dans les principes pédagogiques ainsi que dans tous les principes de mise en œuvre, notamment dans les exigences de la concertation. Dans cette approche, l’apprentissage apparaît fondamentalement comme une activité où l’enfant est le premier acteur. On ne peut plus le considérer comme un récepteur passif. Il tient au contraire le premier rôle, sans quoi l’appropriation des savoirs devient illusoire.

Il s’agit donc de mettre en place de nouvelles situations de classe qui prendront en compte l’apprenant non comme un élève à qui imposer un savoir mais comme une personne à accompagner dans une démarche de découverte d’un objet de connaissance et d’une pratique et ayant sa part à prendre au projet commun.

De plus cette approche ne fait pas table rase des contenus d’enseignement existants. Plus qu’un changement, il s’agit de redéfinir les objectifs d’enseignement en termes de compétences et de capacités. En effet, l’approche considère que les apprentissages n’ont pas tous le même poids et que certains sont incontournables car utiles et constituent le socle sur lequel les futurs apprentissages devront se construire. Ce socle constitué de compétences de base, forme les acquis essentiels que chaque apprenant doit maîtriser à la fin de chaque année, de chaque cycle. L’ensemble des compétences acquises, au cours du cursus scolaire, doit permettre à l’enfant djiboutien d’être à la sortie du système, capable de s’intégrer dans la vie socio-professionnelle de contribuer par la même au processus de développement économique et social de son pays.

 

                                                                         M. Souleiman Abdoul-Aziz

                                                                          Conseiller pédagogique

                                                                                            Circonscription Djibouti 4                                                                                ( sept – 2002 )

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