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Bienvenue aux nouveaux instituteurs
Le bon choix
Au cours de votre
formation au CFPEN ou à l’inspection primaire, vous étiez sensibilisés
à la spécificité de cette institution appelée « ECOLE »
et surtout aux enjeux de l’exercice de votre futur métier
d’instituteur. Aussi ambitieux que soient les objectifs de ce premier
temps de formation dite initiale, on ne peut que vous doter que de ces
premiers repères indispensables à tout débutant, il vous appartient désormais
de construire votre technique dans l’exercice réel de votre
profession.
Car on ne le dit jamais
assez, quelles que soient la qualité et la portée d’une formation
professionnelle, on se situe inévitablement
dans le domaine de l’anticipation ; elle reste par conséquent
en général théorique, approximative, hypothétique.
Vous avez choisi un métier
difficile, mais combien passionnant !
Difficile parce que
l’erreur n’est pas admise passionnant parce que le plaisir est
immense, l’ennui inconnu ! Ce métier vous l’avez voulu et
soyez rassuré, vous avez fait le
bon choix.
Oui, enseigner est un acte complexe, car il
requiert des compétences multiples, une disponibilité constante, une
formation ciblée et continue. C’est un métier dont les secrets se découvrent
avec la pratique.
Une fois, dans une école cous constaterez que ce
métier présente
des dimensions auxquelles vous n’êtes plus réellement préparées
malgré la qualité académique de votre formation. En dehors de la
classe, l’école reste un centre d’échange, une véritable
communauté de travail et de partage, un lieu de vie. Vous serez donc
appelés à gérer, à faciliter des relations inter personnelles, cette
dimension est loin d’être négligeable.
A l’école,
vous devez assumer des responsabilités
Dans ses obligations
naturelles, l’instituteur est appelé à assumer un certain nombre des
responsabilités inhérentes à
son métier d’éducateur. L’exercice de ces responsabilités se
pratique quotidiennement en classe, dans la cour voire en dehors de l’établissement
scolaire.
Ordre et
discipline
L’école lieu d’éducation
par excellence doit enseigner aux enfants qui la fréquentent, à
s’organiser et à se diriger eux mêmes. Tout travail fécond, tout
apprentissage sérieux nécessite ordre et discipline, il appartient au
maître de trouver les stratégies qui conviennent à chaque moment, à
chaque élève, à chaque groupe de classe. Il s’agit de créer à
tout moment une ambiance saine de travail dans un esprit de respect et
de collaboration.
Il convient d’éviter
dans tous les cas, les excès qui risquent de conduire à l’obéissance
excessive et à la passivité absolue. Il faudrait plutôt habituer l’élève
à une discipline raisonnable, acceptée et bien comprise. Dans ce
domaine on ne saurait mieux dire que Freinet : « N’organisez
pas la discipline, organisez le travail. La perfection de la discipline
naîtra de la perfection du travail ».
Règlement
Les premières consignes
réglementaires qu’on donne à l’élève sont celles
relatives au respect des horaires de l’école. L’école commence à
une heure précise, les retards se sont en aucun cas excusables, ils ne
sont ni tolérés, ni négociés. Une des premières responsabilités de
l’instituteur consiste à donner à l’élève, l’habitude de
l’exactitude. Ces bonnes habitudes s’acquièrent
bien sûr en début d’année mais se consolident et
s’approprient avec le temps, il s’agit d’éviter les traitements
exceptionnels et surtout ne pas perdre de vue, le maître reste le modèle
incontournable ; vous ne pourrez rien exiger de vos élèves si
vous n’êtes pas exigeant envers vous-mêmes.
Surveillance
Elle permet de prévenir
aux manquements à la discipline et d’éviter les accidents, surtout
dans la cour de récréation car, être fragile, l’enfant a besoin de
protection, son imprudence le met en danger.
Tout en évitant les
interventions systématiques et les pratiques « policières »
la bonne surveillance vise une éducation de la liberté, elle stimule
le développement de l’esprit de responsabilité, assure une
transition heureuse entre le métier d’écolier et la vie d’adulte
en préparation. A tout moment, la surveillance exige l’entière présence
du maître tout au long de la période que dure cette tâche d’une
extrême importance. Restez calmes, fermes et surtout prévoyants,
c’est à dire écarter les causes, voire les risques d’accident en
empêchant les désordres et les indisciplines.
En classe,
n’abandonnez jamais vos élèves, même s’ils sont occupés par un
travail écrit. Si vous êtes contraint de quitter votre salle de
classe, prévenez le directeur ou en cas d’impossibilité ou
d’absence de ce dernier, un collègue qui comblera, le vide crée par
une situation d’extrême urgence.
A la récréation, le
meilleur surveillant reste celui qui s’intéresse aux jeux des élèves
et circule constamment parmi eux, interpelle ou arrête ceux qui se
livrent à des jeux dangereux.
Un maître assis entouré
de ses collègues dans un coin ombragé n’assure aucune surveillance
et met les élèves en danger.
Les accidents
Plus vous acquittez de
cette responsabilité, je veux dire la surveillance, avec sérieux et
rigueur plus vous serez en mesure de réduire les accidents fâcheux au
minimum ; cela doit vous paraître l’évidence même, pourtant il
n’existe guère d’autres secrets. Cependant en prenant toutes les précautions,
vous n’êtes malheureusement pas toujours à l’abri d’un accident
regrettable.
Que faire en
cas d’accident ?
La procédure
administrative vous sera communiquée par le directeur de l’école dès
le jour de la rentrée, il faudra la respecter rigoureusement. En cas de
blessure, sans vous affoler, ni jouer au médecin, appelez le maître de
service ou le directeur qui doit faire venir une ambulance et faire
transporter le blessé à l’hôpital. Si vous êtes en zone rurale,
faites transporter le plus rapidement l’élève en question au chef
lieu, par les moyens les plus rapides en prenant toutes les précautions
nécessaires. Surtout ne pas oublier de prévenir les parents de l’élève
blessé même si son cas ne vous paraît pas grave.
Le châtiment corporel
N’oubliez jamais que
les châtiments corporels sont strictement interdits à l’école. La
moindre infraction à cette règle vous expose à des graves ennuis.
Aucun prétexte n’est accepté dans ce domaine aucun contexte ne
justifie cette pratique barbare d’un autre âge.
Pour conclure sachez que
les premières heures de classe risquent de vous paraître difficiles
,parfois insurmontables ,mais ces moments d’incertitude ne durent pas
très longtemps et les
confusions se dissipent très vite, soyez rassurés .Toutefois le
premier contact avec les élèves reste fondamental et les premières séances
demeurent déterminantes, alors soyez prêts et surtout ne perdez
pas de temps, mettez les élèves au travail dès leur rentrée en
classe .Ne jamais perdre de vue que les élèves viennent à l’ école,
d’abord pour acquérir des savoirs et que le temps passé à l’ école
reste en définitif très limité, les minutes sont précieuses, les
gaspiller serait bien dommage !Quelle que soit la méthode choisie
,vous devez vous assurer de l’efficacité de vos actions aux bénéfices
des vos élèves, pour cela il faudra :
- Organiser
votre travail avec rigueur, clarté et précision, cela vous fera
gagner du temps et vous facilitera le suivi des élèves au cours de
l ‘apprentissage .
- Diversifier
les activités pour répondre aux besoins de tous les élèves.
- Centrer
toutes vos activités, vos réflexions, vos évaluations sur l’élève
de façon à dévoiler à tout moment ses difficultés , ses progrès
,ses préférences .
- Evaluer
les performances de façon systématique cela vous permettra de
mieux cibler vos objectifs, d’ ajuster votre enseignement aux
besoins de chaque élève à tout moment
- Travailler
en équipe, car dans une école vous n’êtes jamais seul et on
append beaucoup avec ses pairs,n’hésitez jamais à consulter un
collègue, le directeur de l’école, le conseiller pédagogique ou
l’inspecteur en cas de difficulté.
Faut-il enfin vous rappeler que votre enseignement
perd toute signification si vous négligez le paramètre affectif. La création
d’ une ambiance favorable, la valorisation des performances, restent
des conditions indispensables dans tout apprentissage.
Il s’ agit de :
-
se doter d’une
stratégie de communication adaptée à chaque circonstance :
aider à cerner une
difficulté, gérer un conflit, féliciter , encourager…
-
créer une relation
interpersonnelle basée sur la confiance et la compréhension
entre vous et votre élève, votre réussite professionnelle passe
obligatoirement par cette dimension. , après
tout enseigner c’est
aimer.
Je
laisse le dernier mot à A.de St Exupéry :
« On ne
voit bien qu’ avec le cœur , l’ essentiel est invisible pour les
yeux »
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