|
|
DECORATION DU MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR M. ABDI IBRAHIM ABSIEH
Le Ministre a bien voulu répondre à nos questions et livrer ses premières impressions dans les colonnes de " la Nation ". 1-La Nation : Monsieur le Ministre, vous venez de recevoir des mains de Son Excellence, le Président de la République, la Grande Etoile de Djibouti. Que ressentez-vous aujourd’hui ? Le Ministre : Une grande satisfaction ! Une immense joie, que je voudrais partager avec tous les personnels de mon Ministère, ainsi qu’avec tous les acteurs intéressés par l’éducation, parce que sans eux, je n’aurais pu seul faire grand-chose. Après tout ce mérite leur revient aussi, n’est-ce pas ? Je suis également très touché et très réconforté. En me décorant, le Président de la République, Son Excellence Monsieur ISMAÏL OMAR GUELLEH, prouve encore une fois de plus, qu’il place le secteur de l’éducation au cœur de ses préoccupations. Il m’encourage ainsi, dans un contexte certes encore difficile, à aller toujours de l’avant. Je me sens enfin doublement honoré, car je reçois cette distinction à un moment solennel, marquant une étape où la République de Djibouti célèbre son 25ème année d’Indépendance. 2-La Nation : Monsieur le Ministre, peut-on considérer que cette distinction est l’aboutissement de la réforme éducative que vous avez engagée depuis votre nomination à la tête du Ministère en mai 1999 ? Le Ministre : Je préfère ne pas parler d’aboutissement, car la réforme éducative que nous avons entreprise depuis les Etats Généraux de l’Education en décembre 1999 est toujours en chantier. Je ne voudrais pas ici, en ce jour de fête grandiose, faire étalage du bilan, car je trouve qu’on a suffisamment parlé, dit et écrit à ce sujet, à travers la presse, la radio, la télévision et le site Internet, et même pendant le séminaire de réflexion sur l’action gouvernementale au mois de février dernier. Je tiens quand-même à rappeler que cette réforme n’aurait pas vu le jour sans un engagement politique ferme à tous les niveaux, à commencer par le Chef de l’Etat, le Président de la République lui-même. 3-La Nation : Mais alors qu’avez-vous réalisé de concret depuis votre nomination ? depuis trois ans en fait ? Le Ministre : Les trois premières années ont été en fait consacrées d’une part, à la préparation et au lancement de la réforme proprement dite. Il fallait tout d’abord projeter, établir un schéma directeur sur le long terme qui, pour la première fois dans l’histoire de l’éducation, a été entièrement tracé par des hauts cadres djiboutiens de l’éducation nationale ; il fallait ensuite planifier sur le court et moyen termes, rédiger les textes officiels, les faire adopter, les promulguer ; il fallait enfin, définir des projets adéquats, conformes aux vœux de la population djiboutienne, rechercher le financement, réunir les moyens nécessaires, élaborer des nouveaux programmes d’enseignement, les expérimenter puis les évaluer et ajuster, concevoir le matériel didactique, former les enseignants etc. Vous comprenez donc que la réforme ne fait que commencer. 4-La Nation : C’est à dire que la phase préparatoire est terminée ? Le Ministre : Vous savez une réforme n’est jamais terminée. Je prends un exemple : la réforme prévoit un enseignement fondamental obligatoire et gratuit de neuf ans ; et bien, cet enseignement ne sera applicable qu’à partir de l’année prochaine, c’est à dire que la première génération d’enfants djiboutiens, qui suivra ce nouveau parcours scolaire, sera mise en place, avec des nouveaux programmes d’enseignement, généralisés en première année dès la rentrée scolaire 2002/2003, puis en deuxième année à la rentrée de 2003/2004, et ainsi de suite. Le concours d’entrée en sixième par exemple ne sera supprimé qu’à la fin de l’année scolaire 2006/2007. Nous sommes donc en plein chantier, c’est à dire que la réforme suit son cours. Et puisque vous me donnez l’occasion, je profite pour dire aux djiboutiennes et djiboutiens, qu’une réforme se mesure sur le long terme, en terme de génération, surtout quand il s’agit d’une refondation en profondeur. Il faut donc patienter pour récolter les premiers fruits. 5- La Nation : Mais mise à part la réforme, vous avez certainement réalisé autres choses pour recevoir une telle distinction ? Le Ministre : Cela dit, et mise à part la réforme comme vous dites, il fallait d’autre part, s’atteler à apporter des remèdes urgents aux problèmes existants que connaît encore notre système éducatif actuel en place. Il fallait par exemple résoudre le problème d’accès et d’équité, c’est à dire réduire les disparités socio-économiques et de genre en donnant une égalité de chance à tous les élèves, filles et garçons. A cet effet, nous avons rationalisé la carte scolaire en prenant en compte les besoins de scolarisation, et en augmentant les capacités d’accueil de différentes circonscriptions scolaires, tout en favorisant les enfants des milieux défavorisés. Il fallait donc construire et ouvrir de nouvelles salles de classe à tous les niveaux d’enseignement. Nous avons également créé des classes de Seconde et de Première dans les districts et construit le lycée de Balbala. 6-La Nation : Vous avez quand-même créé le Pôle Universitaire de Djibouti ? Le Ministre : Oui, parce que le développement de l’Enseignement Supérieur fait aussi partie de la nouvelle réforme éducative que j’ai évoquée tout à l’heure. La création du Pôle Universitaire va dans ce sens, et d’ailleurs mon département, comme vous le savez, a changé d’appellation en août 2001, pour devenir Ministère de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur ou MENESUP en plus court. Le but c’est d’aboutir en fin de compte à la création d’une Université de qualité et de niveau international à Djibouti à laquelle tient beaucoup le Chef de l’Etat. Il en avait déjà parlé lors de sa campagne électorale en 1999. Si nous avons réussi à créer ce Pôle, c’est grâce à l’appui et au soutien constant du Président de la République également. 7-La Nation : Et qu’en est-il de la décentralisation et de la transparence dans la gestion du système éducatif ? Le Ministre : Les faiblesses qui ont été identifiées dans ce domaine sont en voie d’être corrigées. Nous avons mis en place un Comité Supérieur de l’Education au niveau national, des Comités régionaux d’Education au niveau de chaque district et des Comités de Gestion au niveau des chaque établissement scolaire, écoles, collèges et lycées. Par ailleurs le nouvel organigramme du Ministère, déjà adopté et promulgué, sera bientôt mis en place. Ces différents comités ont commencé déjà à travailler et seront opérationnels, sur le terrain, dès la rentrée prochaine pour nous aider à rendre la gestion du système encore plus efficace et transparente. 8-La Nation : Les enseignants se plaignent toujours des arriérés et retards de salaire ? que comptez-vous faire à ce sujet ? Le Ministre : Je ne pense pas qu’il y’a retard dans le paiement mensuel de salaire. Jusqu’à preuve du contraire, je crois que depuis quelque temps déjà, les enseignants sont les premiers à être payés et tous les trente à trente-cinq jours en moyenne. Ce qui explique d’ailleurs que nous n’avons pas connu de grèves durant l’année scolaire qui vient de s’écouler. C’est déjà un grand pas ! En ce qui concerne le deuxième point, je suis confiant ; et je pense que dès que la situation économique et financière du pays le permettra, le retard de trois mois et donc les arriérés de salaire seront régularisés, et ceux des enseignants en premier. Nous sommes tous conscients du problème, et nous savons que si nous voulons réussir notre réforme éducative, il faudra commencer d’abord par donner satisfaction aux enseignants. Je leur demande donc courage et patience. 9- La Nation : Une dernière question Monsieur le Ministre : vous avez été désigné co-président du Secrétariat National du Comité d’Organisation, chargé de la coordination et de la mise en œuvre de l’ensemble des travaux du Jubilé de l’Indépendance ; est-ce que ceci n’explique pas cela ? Le Ministre : Je crois qu’il ne faut pas confondre entreprise éducative et festivités quelles qu’elles soient. Là encore, laissez-moi vous dire que je n’étais pas le seul ou la seule personne à avoir mis en œuvre les travaux du Jubilé. Beaucoup de monde, beaucoup de djiboutiennes et djiboutiens, et mes collègues en particulier, avec à leur tête le Premier Ministre, ont contribué de près ou de loin à la réussite des ces festivités, et je tiens d’ailleurs à les féliciter, à commencer par les élèves, filles et garçons des établissement scolaires, qui ont participé de façon remarquable aux mouvements d’ensemble au stade Hassan Gouled. Un quart de siècle d’existence, ça se fête comme il se doit n’est-ce pas ! |